RVCRR : une méthode pour accueillir l’émotion d’un enfant ou d’un adolescent sans perdre notre calme
Garder son calme face à l’émotion d’un adolescent ou d’un enfant n’est parfois pas évident.
Les émotions sont en effet contagieuses et font appel à un circuit « instinctif » de réponse chez nous.
Sans compter que la colère d’un enfant peut réveiller une de nos propres colères d’adultes sans que nous sachions vraiment quelle la cause initiale.
Ajoutons que le cerveau de l’enfant est immature et les émotions déconnectent leur logique et leurs capacités à raisonner. Donc, inutile d’envisager de discuter sans un retour au calme préalable (et un apaisement du cerveau émotionnel).
🧠 Le point neurosciences
Lorsqu’une émotion intense survient, l’amygdale (notre système d’alarme) s’active et prend le dessus sur le cortex préfrontal, la zone qui permet de raisonner, de se contrôler et de prendre du recul. Le psychiatre Daniel Siegel parle de « cerveau qui perd le couvercle ».
Or, chez l’enfant et l’adolescent, ce cortex préfrontal est encore en construction : sa maturation se poursuit jusqu’au milieu de la vingtaine. L’enfant n’a donc pas encore tous les outils pour se calmer seul. Il a besoin du calme d’un adulte pour retrouver le sien : c’est la co-régulation.
Bonne nouvelle : mettre des mots sur une émotion aide réellement le cerveau. Une étude menée à l’UCLA (Lieberman et al., 2007) a montré que nommer ce que l’on ressent diminue l’activité de l’amygdale. C’est tout l’intérêt de la première étape de la méthode ci-dessous.
Afin que ce processus d’accompagnement de l’émotion se passe au mieux, la psychologue Nathalie Parent nous propose une méthode dans son livre « Enfants stressés » : RVCRR
Reconnaitre l’émotion en l’identifiant et la nommant : « Je vois que tu es fâché, triste,… »
Valider l’émotion : « Tu as le droit d’être en colère »
Contenir : l’adulte garde son calme et propose à l’enfant du réconfort (un câlin) ou de se calmer en autonomie dans un espace prévu à cet effet ou avec une boite à émotions (ce n’est pas de l’isolement forcé ou une « mise au coin » puisque c’est l’enfant qui décide). Cet espace émotion peut être une tente, un fauteuil, une chaise associé à des accessoires (papiers pour colorier, peluche, coussin,…), un cerceau sur le sol avec une couverture, …
Réfléchir : cette étape permet de réfléchir à la cause possible de l’émotion de l’enfant. Un besoin est-il insatisfait ?
Revenir : revenir vers l’enfant ou l’adolescent pour discuter de ce qui s’est passé « Tu as réagi ainsi car tu es triste d’avoir perdu…. » « Quelqu’un t’a embêté à l’école ? » Il se peut que la cause ne soit pas encore accessible pour l’enfant/l’ado . Dans ce cas, invitez-le à revenir vers vous quand il le souhaitera.

L’affiche au format PDF est à télécharger ici.
Et si les émotions devenaient des créatures à apprivoiser ?
Pour qu’un enfant puisse reconnaître et nommer ce qu’il ressent, encore faut-il qu’il ait les mots. Avec le kit J’apprivoise mes émotions avec les créatures, 7 personnages attachants l’accompagnent : Petit Orage (la colère), Petite Étincelle (la joie), Petit Frisson (la peur), Petite Brume (la tristesse), Petit Beurk (le dégoût), Petite Waouh (la surprise) et Petit Tourbillon (le stress).
De quoi mettre en pratique chaque étape de la méthode :
🟠 Reconnaître : les cartes d’intensité aident l’enfant à distinguer l’agacement de la rage, le léger inconfort de la panique.
🟠 Contenir : la roue du retour au calme et une technique de régulation au dos de chaque carte (respirer, dessiner, demander un câlin…).
🟠 Réfléchir : la roue des émotions et des besoins pour relier ce que l’enfant ressent à ce dont il a besoin.
Livrets-histoires, plateaux de jeu, coloriages… et une vidéo explicative par QR code pour chaque outil. Kit PDF à imprimer, réutilisable à volonté, à la maison comme en classe.


Merci pour cet acronyme qui permet de se rappeler des étapes à respecter pour aider son enfant à gérer ses émotions !