De l’importance du partage familial des émotions

« C’est par l’expression émotionnelle que nous construisons et que nous maintenons nos liens avec autrui, de même que c’est grâce à ces liens que nous parvenons mieux à réguler nos émotions. »

 

Chez l’enfant, l’expression de ses émotions est irrépressible et vitale car elle implique sa survie.

Les émotions de base, ou primaires, sont :

  • La surprise
  • La joie
  • Le dégoût
  • La peur
  • La colère
  • La tristesse

 

Un interdit d’exprimer les émotions revint à nier les besoins essentiels.

Le bébé requiert la présence d’un adulte en qui il a confiance car il l’écoute et lui fournit des soins de plus en plus pertinent à mesure des interactions et du temps passé ensemble. Cet adulte est à la base de l’attachement sécure, condition à l’équilibre psychiques et physique.

Par le lien empathique que l’adulte instigue et maintient, l’enfant parvient peu à peu à passer d’une régulation externe des émotions (l’adulte l’aide en satisfaisant les besoins inhérents aux émotions et comprenant les cris, pleurs, gesticulations,… et en le réconfortant) à une régulation interne qui débute avec  l’acquisition du langage. Cette régulation interne est également corrélée avec la différenciation entre les émotions d’autrui et les siennes. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’émergent les émotions sociales et morales comme la honte, la compassion, l’indignation, la sympathie,…

Chez l’adulte, les structures cérébrales nécessaires à la régulation émotionnelle sont effectives. Encore faut-il les utiliser et les développer afin qu’elles soient efficientes.

D’où l’intérêt d’ériger en règle familiale (et personnelle) un partage sain des émotions.

Cela nécessite un travail sur soi pour s’habituer à parler de ce que nous ressentons et briser quelques croyances semées au cours de l’enfance du parent. Mais l’effort apporte de nombreux bienfaits.

Une famille dans laquelle les émotions sont muettes, ignorées, tournées en dérision, minimisées, … n’est pas un endroit propice à un attachement sécure où justement l’empathie permet de s’entraider et de s’écouter mutuellement pour nous sentir mieux.

Un attachement sécure est synonyme d’une tolérance émotionnelle large tandis qu’un attachement insécure est relatif à une tolérance émotionnelle étroite. Cette dernière déclenche des comportements extrêmes lorsque des émotions sont ressenties : une surexcitation ou une sidération. De plus, les émotions sont alors très contagieuses : une colère exprimée peut être absorbée par tous les membres et devenir une source de violence orale et physique (accusations, menaces,…). D’où des réflexes qui finissent par s’instaurer inconsciemment avec un sentiment de “chacun pour soi” pour éviter les relations désagréables.

Un attachement sécure, quant à lui, favorise la régulation individuelle et collective des émotions grâce notamment à une narration des expériences émotionnelles, vectrice de sens.

Un jeu tel que « Je raconte mes émotions de la journée » s’avère ainsi bénéfique. Chacun prend la parole et narre son vécu sans être jugé ni sans que le ressenti ne soit remis en cause. Il en découle une souplesse et une adaptation dynamique qui favorisent le retour à l’équilibre, l’estime de soi et l’épanouissement de chacun. La solidarité prédomine.

Le livre « le savoir mérite d’être partagé » fait allusion à une empathie de groupe.

Afin de faciliter cette expression émotionnelle en famille ou en groupe, je vous propose de télécharger et imprimer un support simple à se transmettre d’un membre de la famille à l’autre une fois que la narration de l’émotion est terminée.

Voyez dans cet exercice une forme de tour de table où les émotions sont le thème principal de discussion.

Ce petit jeu deviendra de plus en plus riche en fonction de la croissance de l’enfant et de la sensibilité émotionnelle accrue des adultes.

 

Le fichier PDF est à télécharger ici.

 

 

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