Ce qu’il faut expliquer aux enfants à propos de leur cerveau (la colère)

Donner des informations aux enfants sur le fonctionnement de leur cerveau constitue une approche efficace pour les aider à mieux s’en servir et, comme ici, à réguler certaines de leurs émotions.

D’ailleurs, ces explications sont encore inconnues de la plupart d’entre nous, adultes,  malgré la popularité grandissante des neurosciences.

Aujourd’hui, je souhaitais donc aborder le sujet du cerveau et plus particulièrement de la colère.

Pour cela, nous nous appuierons sur l’excellent p’tit cahier de la colère de Noémi Benhamou.

 

Voici ce que nous pouvons dire aux enfants dès 6/7 ans à propos de la colère et de leur cerveau :

“Ton cerveau est constitué de 3 parties comme une maison à 2 étages (+ un rez-de-chaussée)

  • Un cerveau archaïque (c’est le plus ancien) situé au rez-de-chaussée. C’est lui qui est à l’origine des comportements instinctifs : respirer, dormir, fuir, attaquer, se figer… Depuis 500 000 millions d’années, il nous a permis de rester vivant face aux dangers !
  • Le cerveau émotionnel (1er étage) autrement appelé le cerveau limbique. Il a 200 000 millions d’années (et il est donc beaucoup plus récent que le cerveau archaïque). C’est dans cette partie du cerveau que les émotions naissent.
  • Le cerveau supérieur ou néocortex qui est presque “neuf” car il n’a “que” 2 à 3 millions d’années. C’est ce cerveau qui joue un peu le rôle de la tour de contrôle. Il permet de raisonner, de faire preuve de logique d’apprendre, d’anticiper, de nous connecter aux autres via l’empathie, de résoudre des problèmes,…

Revenons à nos moutons en zoomant sur le cerveau émotionnel. Oui, juste là. Tu voix ce petit noyau ? Il s’agit de l’amygdale cérébrale.

L’amygdale est une sonnerie d’urgence ou un gyrophare de camion de pompier qui avertit lorsqu’un besoin est défaillant. Quand tu es face à un danger par exemple, l’amygdale s’active et met le corps sous tension grâce aux émotions qui se déclenchent comme la peur et la colère.
Lorsque tu te sens de nouveau en sécurité, l’amygdale se calme et les émotions désagréables s’éteignent.

Si nous rentrons un peu plus en détail, nous observons que lorsqu’un besoin est insatisfait, l’amygdale s’active et se connecte à une autre structure du cerveau : l’hypothalamus. L’hypothalamus relie le système nerveux central et le système endocrinien par le biais d’une glande (l’hypophyse). Alors, des hormones se sécrètent (comme le cortisol qui est l’hormone du stress).

Dans le cas de la colère, c’est ce cortisol qui afflue, provoquant des comportements automatiques : pleurs, cris, frappes, morsures,… C’est une véritable vague qui envahit ton corps et il est presque impossible de la réguler !

D’ailleurs, sais-tu qui est capable de réguler les émotions ?

Il s’agit du cortex préfrontal (dans le cerveau supérieur). Sauf que chez tous les enfants, ce cortex préfrontal n’est pas encore totalement opérationnel et il faut donc attendre que l’émotion soit libérée jusqu’au bout pour que l’amygdale se calme et que le stress diminue.

Ce qui peut aider à ce moment-là est d’avoir quelqu’un de bienveillant à côté de soi. Ainsi, on peut pleurer dans ses bras et profiter des bienfaits d’un câlin ensuite. Le câlin est un véritable cadeau pour notre corps et notre cerveau.

Il déclenche la sécrétion d’une hormone de l’amour et de l’attachement : l’ocytocine. Elle a le pouvoir de diminuer la concentration d’hormones de stress (cortisol) et favorise la maturation du cortex préfrontal.

Ainsi, petit à petit, en grandissant, les émotions sont de mieux en mieux régulées.

Si tu veux, tu peux aider ton cerveau à mieux apprivoiser la colère.

Voici quelques techniques :

  • Sois attentif à ce qui se passe en toi : tu sens que la chaleur monte à ton visage, que tes poings se crispent, que tes sourcils se froncent, tu as l’impression de voir “rouge”, ta respiration s’accélère ? STOP ! marque une pause ! C’est le premier réflexe qui te permettra de ne pas exploser.
  • Pendant cette pause, ne bouge plus, ferme les yeux et respire en comptant jusqu’à 5 dans ta tête. Puis :
  • Dire tout haut que tu es en colère !
  • Ou l’écrire !
  • Gribouiller sur une feuille
  • Ou bien sauter sur place comme un kangourou
  • Mettre en boule un papier et le jeter derrière toi en soufflant
  • Faire le tigre en griffant en l’air, grognant et sautant sur place
  • Serrer et desserrer tes poings puis calmer chaque partie de ton corps en soufflant
  • Te “connecter au sol” pour t’imprégner de sa sécurité
  • T’imaginer dans un lieu apaisant
  • T’éloigner de la source de ta colère
  • Utiliser le cerveau dans la main

Pour te rappeler des ces méthodes, crée tes propres cartes ou utilise celle qui sont présentes ci-dessous :

 

Le kit est à télécharger ici.

 

2 Commentaires

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous-aussi, vivez une parentalité positive ! Rejoignez le mouvement ! 🙂