REDIRIGER : 7 stratégies pour développer le cerveau supérieur des enfants (et mieux collaborer avec eux)

La partie du cerveau responsable du raisonnement, de l’empathie, de la régulation émotionnelle ou de l’attention se nomme « Cortex préfrontal ». Le problème est que ce cerveau supérieur n’est pas mature à la naissance alors que le cerveau émotionnel, lui, l’est parfaitement.

Or, pour collaborer avec les enfants et les aider à adopter des comportements acceptables, il est nécessaire de s’adresser à ce cerveau supérieur.

Pour y parvenir, Dr Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson nous proposent le méthode : REDIRIGER. Acronyme qui signifie :

  • R : réduisez le flux verbal.
  • E : embrassez les émotions qui surgissent.
  • D : décrivez, ne prêchez pas.
  • I : impliquez votre enfant dans le recadrage
  • R : reformulez le « non » en un « oui » conditionnel
  • I : insistez sur le positif
  • G : gérez la situation avec créativité
  • E : enseignez des outils de lucidité
  • R : remettez les expériences en perspective

Réduisez le flux verbal : les enfants n’ont pas besoin d’entendre de longs discours sur leurs erreurs ni de recevoir des conseils et explications qui durent des minutes. Ils ressentent déjà de la culpabilité relative à leurs erreurs et il est donc inutile d’en rajouter.
Pour par exemple transformer l’écart de conduite d’un enfant, on peut procéder en 4 étapes. Pour les illustrer, prenons le cas cité dans le livre : une petite fille frappe sa maman car elle en assez d’attendre.

  1. Se connecter à l’enfant (en se positionnant à son niveau) et en soulignant l’émotion qui est souvent le moteur du comportement irréfléchi : « Tu te sens frustrée ? C’est dur de patienter n’est-ce pas ? »
  2. Corriger le comportement en évoquant les conséquences : « Ça fait mal quand tu tapes »
  3. Proposer des alternatives : « Tu peux me toucher doucement la main pour me faire comprendre que tu as besoin de mon attention »
  4. Passer à autre chose : « Et si nous allions jouer dehors maintenant ? »

Embrassez les émotions qui surgissent : cette stratégie implique de ne pas juger l’émotion de l’enfant. Une émotion n’est ni mauvaise ni bonne. Elle est, c’est tout. Voici un message à passer :
« Tes émotions, quelles qu’elles soient, sont respectables, mais toutes les façons de les exprimer ne sont pas acceptables ». Il s’agit donc de dire « oui » au ressenti et « non » à l’acte. Cette distinction est primordiale car elle suggère un accueil de l’émotion et une sollicitation du cerveau supérieur pour modifier le geste et le comportement.

 

Décrivez, ne prêchez pas :

Au lieu de sermonner, il est préférable de décrire ce que nous voyons.

« Je vois des jouets au sol »

Cette phrase fait appel au cerveau supérieur de l’enfant qui va prendre conscience seul de ce qui est attendu en l’occurrence ranger les jouets dispersés au sol.

Notez que ce réflexe vient à la suite d’un apprentissage où l’adulte aura montré à l’enfant ce qu’il attend, l’aura fait avec lui et l’aura encouragé à le faire seul pour s’assurer que les informations sont acquises.

Autre exemple : sur le plan social, dire « Je crois que Kevin est un peu déçu de ne pas jouer avec toi » déclenche un élan d’empathie car pourra (ou pas) être à l’origine d’un changement de comportement ou d’une discussion sur un problème relativement à Kevin. Quoi qu’il en soit, c’est l’enfant qui raisonne et non l’adulte qui impose son point de vue en négligeant les capacités intellectuelles de l’enfant.

Impliquez votre enfant dans le recadrage :  une discipline pérenne et efficace implique un dialogue et non des ordres.

« Je sais que tu connais la règle, donc je me demande ce qui a pu se passer pour que tu te comportes ainsi » ou « quelle est la règle dans ce cas ? »

Puis il sera nécessaire de souligner les conséquences « Ton amie a pleuré. »

Et enfin de solliciter son raisonnement : « Comment pourrais-tu faire la prochaine fois que tu ressens de la colère ?« .

Le cadrage ou recadrage peut être également guidé par une suggestion de choix : « Tu pourrais soit t’éloigner pour respirer, soit simplement dire ce dont tu as besoin calmement ».

 

Reformulez me « non » en un « oui » conditionnel : Prenons le cas du livre. Un enfant demande  » Puis-je rester plus longtemps chez mamie ? »

Au lieu de lui dire « non » (frustrant) on peut dire « oui. Nous reviendrons dès mercredi et tu pourras rester manger avec elle si elle est d’accord. Qu’en penses-tu ? »

Ce « oui conditionnel » est aussi un entrainement à l’optimisme et à l’ingéniosité. En effet, derrière chaque refus, il y a souvent d’autres possibilités pour avancer. Belle philosophie de vie ! 🙂

 

Insistez sur le positif : quand nous nous concentrons sur le positif, il a tendance à grandir ! Ainsi, au lieu de dire « Arrête de râler ! » nous pouvons opter pour « J’aime beaucoup t’entendre parler un ton normal. Tu pourrais me répéter ça ? » ou « merci pour ta patience, je suis disponible pour toi maintenant »

De même, plutôt que t’interdire ou de reprocher, disons ce que nous attendons affirmativement : « Tes chaussures sont encore en désordre ! »(reproche) deviendra « J’aimerais voir les chaussures rangées dans le placard » ou « J’aime quand tu ranges tes chaussures dans le placard. »

 

Gérez la situation avec créativité : l’humour et la créativité sont efficaces dans l’éducation (et cela diminue le stress). Alors, faites parler les objets , inventez des histoires, chantez, inventez un langage extra-terrestre, amusez-vous !

Enseignez des outils de lucidité : 

Nous pouvons apprendre aux enfants à ne pas subir leurs états émotionnels mais à les accueillir et à s’en dissocier pour mieux agir. Ainsi, un enfant qui est conscient de ressentir une colère est déjà engagé dans une phase de régulation. Pour illustrer ce point, vous pouvez pratiquer des exercices de pleine conscience avec vos enfants ou leur offrir la modélisation du cerveau dans la main (vidéo ci-dessous).

 

Remettez les expériences en perspective : cela consiste à enseigner à un enfant comment il peut changer de perspective pour mieux vivre une situation. Pour y arriver, on peut s’appuyer sur le dessin ou des jeux de dissociation : « Que dirais-tu à quelqu’un qui vivrait ta situation ? »

 

Source : « La discipline sans drame » de Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson est disponible sur :

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