Neurosciences : 3 concepts à appliquer au quotidien avec les enfants

Les neurosciences affectives et cognitives ont profondément renouvelé notre compréhension du développement de l’enfant. Elles nous rappellent une chose essentielle : le cerveau de l’enfant n’est pas un cerveau miniature d’adulte, mais un organe en construction, extrêmement plastique et sensible à l’environnement.

Dans la vidéo incluse en fin d’article, trois concepts fondamentaux issus des neurosciences sont présentés. Ils offrent des repères concrets pour ajuster nos pratiques éducatives au quotidien, que l’on soit parent, enseignant ou professionnel de la petite enfance.

1. La plasticité cérébrale : un cerveau qui se construit par l’expérience

Le cerveau du jeune enfant est hautement plastique. Cela signifie qu’il se transforme en permanence en fonction de ce que l’enfant vit, expérimente et ressent. Chaque interaction, chaque jeu, chaque échange émotionnel participe à la construction des réseaux neuronaux.

Contrairement à une idée encore répandue, le cerveau ne se développe pas uniquement grâce à des apprentissages formels. Il se façonne avant tout par l’exploration libre, le mouvement, le jeu et la relation.

Ce que nous apprennent les neurosciences

  • Les connexions neuronales se renforcent lorsqu’elles sont sollicitées régulièrement.

  • Un environnement sécurisant favorise l’exploration et donc le développement cérébral.

  • L’enfant apprend mieux lorsqu’il est acteur de ses expériences.

Implications éducatives

Favoriser des temps de jeu libre, laisser l’enfant manipuler, tester, recommencer, se tromper. L’adulte n’a pas besoin de diriger en permanence : il soutient, sécurise et observe.

2. La sélection des circuits neuronaux : moins mais mieux

Le cerveau de l’enfant ne conserve pas toutes les connexions qu’il crée. Il fonctionne selon un principe de sélection : les circuits souvent utilisés sont renforcés, ceux qui ne le sont pas disparaissent progressivement. Ce mécanisme permet au cerveau de devenir plus efficace.

Cependant, une stimulation excessive peut être contre-productive. Trop d’informations, trop de sollicitations ou un environnement bruyant et saturé peuvent fatiguer le système nerveux et nuire à la qualité des apprentissages.

Ce que nous apprennent les neurosciences

  • Le cerveau se développe mieux avec des stimulations adaptées, pas avec une surstimulation.

  • La qualité des expériences compte davantage que leur quantité.

  • Le stress et la surcharge sensorielle freinent les capacités d’attention et de mémorisation.

Implications éducatives

Proposer des activités simples, répétables et signifiantes. Limiter les écrans, réduire le multitâche, respecter le rythme de l’enfant et ses besoins de pauses. Un enfant n’a pas besoin d’être constamment stimulé pour apprendre.

3. La répétition : un levier naturel d’apprentissage

La répétition est un mécanisme central du développement cérébral. Contrairement à l’adulte, l’enfant ne se lasse pas de refaire la même activité, d’entendre la même histoire ou de chanter la même chanson. Cette répétition est essentielle à la consolidation des circuits neuronaux.

Chaque répétition renforce les connexions existantes et facilite leur automatisation.

Ce que nous apprennent les neurosciences

  • Répéter, c’est consolider les apprentissages.

  • Les routines rassurent le cerveau et libèrent de l’énergie cognitive.

  • L’automatisation permet ensuite des apprentissages plus complexes.

Implications éducatives

Relire plusieurs fois la même histoire, accepter que l’enfant demande encore et encore la même chanson, installer des routines prévisibles. Ce qui peut sembler monotone pour l’adulte est profondément structurant pour le cerveau de l’enfant.

Ce qu’il faut retenir

Les neurosciences nous invitent à changer de regard sur le développement de l’enfant. Apprendre n’est pas une course, ni une accumulation de stimulations. C’est un processus progressif, qui repose sur la sécurité affective, la répétition et des expériences adaptées.

En résumé :

  • Le cerveau de l’enfant se construit par l’expérience et la relation.

  • Trop de stimulations peut nuire aux apprentissages.

  • La répétition est un outil puissant et naturel de développement.

En ajustant nos pratiques à ces connaissances, nous offrons aux enfants un environnement plus respectueux de leur développement cérébral, émotionnel et relationnel.

 

SOURCE :

3 concepts issus des neurosciences que toute personne qui accompagne les enfants devrait connaître.

Chloé Thyrion, Chercheure en neurosciences, conférencière et formatrice, évoque :

– la plasticité cérébrale et l’exploration

– la sélection des circuits et risque de surstimulation

– Le pouvoir de la répétition

Source : Lulys Neurosciences et Petite Enfance

Retrouvez Chloé Thirion sur Instagram

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *