Comprendre nos enfants : Changer de regard pour mieux les accompagner

Nous avons tous été des enfants, et pourtant, en grandissant, nous semblons parfois oublier comment fonctionne ce monde foisonnant de découvertes. Le documentaire d’ARTE, Comment fonctionnent les enfants ?, nous invite à changer de lunettes pour observer nos enfants non pas comme des « adultes inachevés », mais comme des êtres à part entière, dotés de capacités extraordinaires.

Dans une démarche respectueuse des droits de l’enfant, comment pouvons-nous adapter notre posture pour favoriser leur épanouissement sans entraver leur nature ?

Un monde de découvertes, loin des filtres adultes

L’une des plus grandes différences entre un enfant et un adulte réside dans la perception du monde. Alors que nous, adultes, filtrons notre environnement pour nous concentrer sur ce qui est « utile » ou « dangereux », les enfants font preuve d’une ouverture d’esprit totale. Pour eux, tout est une grande aventure.

La psychologue Martha Muchow l’illustrait parfaitement avec l’exemple d’une rampe d’escalier : là où un adulte voit une barrière délimitant un chemin, l’enfant y voit une opportunité de grimper, de glisser et d’expérimenter. Cette exploration libre fait écho à l’Article 31 des droits de l’enfant, qui garantit le droit au jeu et aux loisirs. Plutôt que de les empêcher d’explorer par crainte que les choses ne soient pas faites « comme il faut », nous gagnerions à sécuriser leur environnement tout en leur laissant la liberté de s’y exprimer.

Un cerveau en pleine ébullition

Si les enfants apprennent si vite, c’est parce que leur biologie est conçue pour l’assimilation. Leur cerveau produit en grande quantité du GABA, un neurotransmetteur qui les aide à retenir facilement de nouvelles informations. Sur le plan neurologique, vers l’âge de 3 ans, un enfant possède environ 200 milliards de synapses, soit deux fois plus qu’un adulte !

Cependant, cette incroyable machine à apprendre est encore en construction. Le cortex préfrontal, zone du cerveau responsable de la logique, de l’anticipation et du contrôle des impulsions, n’est pas encore mature chez le jeune enfant. Comprendre cette réalité biologique est profondément libérateur et bienveillant : un enfant qui fait une « crise » ou qui se montre impulsif ne fait pas un caprice pour manipuler ses parents. Il est simplement traversé par des émotions que son cerveau n’a pas encore la capacité physiologique de réguler seul. Notre rôle est de l’accompagner avec empathie, et non de le punir pour une immaturité neurologique normale.

Deux besoins fondamentaux : L’attachement et la créativité

Pour se développer harmonieusement, chaque enfant vient au monde avec deux nécessités absolues : le besoin d’attachement et le besoin de créativité.

  • L’attachement lui offre la sécurité affective indispensable pour oser découvrir le monde.

  • La créativité est son outil principal pour s’approprier son environnement.

Le plus grand danger pour le développement psychologique d’un enfant est de grandir dans un milieu hyper-contrôlant où l’adulte dicte en permanence ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Un tel environnement étouffe la créativité de l’enfant et lui envoie le message qu’il n’est pas « à la hauteur » des attentes. Une éducation respectueuse de ses droits implique de lui accorder la confiance nécessaire pour qu’il puisse faire ses propres choix, à son échelle.

S’inspirer d’autres cultures pour une relation apaisée

Dans nos sociétés occidentales, nous avons tendance à séparer le monde des enfants de celui des adultes, en multipliant les injonctions, les activités dirigées et les règles strictes. Pourtant, d’autres cultures (comme les communautés Mayas ou Inuits) abordent l’éducation différemment. Dans ces sociétés, le monde des enfants et celui des adultes ne font qu’un. Les enfants sont intégrés à la vie quotidienne, ils gagnent naturellement en autonomie et les parents font preuve d’un grand lâcher-prise.

Plutôt que d’être dans un rapport de force ou de domination (qui va à l’encontre du droit de l’enfant à être respecté dans sa dignité), nous pouvons former une véritable équipe avec eux. En comprenant leur point de vue et en lâchant prise sur des exigences parfois superflues (comme la peur exagérée de salir ou de casser), nous diminuons les conflits et renforçons le lien de confiance.

Les enfants, nos maîtres à penser

L’enfance n’est pas qu’une salle d’attente vers l’âge adulte. Les enfants ne sont pas des êtres incomplets qu’il faudrait façonner à notre image. Par leur insouciance, leur absence de préjugés, leur résilience et leur formidable énergie physique (digne de sportifs de haut niveau), ils ont énormément à nous apprendre. En respectant leurs droits, leur rythme et leur nature profonde, nous leur offrons le plus beau des cadeaux : la liberté de devenir pleinement eux-mêmes, dans un cadre sécurisant et chaleureux.

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