Comment réagir quand un enfant se frappe ?

Voir son enfant se donner des coups, se taper la tête contre le sol ou les murs est toujours une expérience éprouvante pour un parent. L’inquiétude, l’incompréhension et parfois un sentiment d’impuissance s’entremêlent. Pourtant, aussi impressionnant que soit ce comportement, il est fréquent chez les tout-petits.

Mais que cherchent-ils à nous dire à travers ces gestes, et comment pouvons-nous les accompagner avec bienveillance ?

C’est ce sujet qui est abordé dans la vidéo du site Naitre et Grandir :

Pourquoi un tout-petit se fait-il mal ?

Il est essentiel de comprendre qu’un enfant de cet âge ne se frappe pas par méchanceté envers lui-même ni pour vous manipuler. Il est tout simplement victime d’un débordement émotionnel.

  • Le mur du langage : Avant 4 ou 5 ans, le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour réguler les émotions fortes. Lorsqu’une immense frustration, de la colère ou une grande fatigue l’envahit, et qu’il n’a pas encore le vocabulaire pour dire « Je suis à bout ! », la tension physique doit sortir. Le corps prend alors le relais de la parole.

  • La recherche d’apaisement : Paradoxalement, certains enfants se cognent la tête de façon rythmée (contre les barreaux du lit, par exemple) pour s’auto-apaiser. Le mouvement répétitif les aide à trouver le sommeil ou à se calmer.

  • Un appel à l’attention : Si l’enfant remarque que ce comportement déclenche une réaction immédiate (même négative) de votre part, il peut l’utiliser pour capter votre attention lorsqu’il se sent délaissé.

  • La reproduction des violences subies ou auxquelles l’enfant assiste : C’est une piste importante à exploiter pour mettre en place des actions concrètes de protection de l’enfant. (voir le psychotraumatisme)

Comment réagir sur le moment ?

Pendant la crise, votre enfant est submergé par une tempête intérieure. Il a besoin de vous pour retrouver son rivage.

  1. Restez calme : C’est difficile, mais essayez de ne pas crier ou de vous fâcher en faisant une pause et en prenant une longue respiration. Votre enfant a besoin de votre calme pour s’apaiser.

  2. Sécurisez sans contraindre : S’il se tape la tête contre un mur ou le sol, glissez rapidement un coussin, un tapis ou votre main pour amortir le choc. Évitez de le bloquer de force en lui attrapant les poignets : le sentiment d’être entravé risque de décupler sa rage.

  3. Mettez des mots sur sa tempête : Utilisez une voix basse et douce. Dites-lui simplement : « Je vois que tu es très en colère. C’est difficile de ne pas avoir ce que tu veux. » Vous validez ainsi son émotion.

  4. Ne l’isolez pas : Restez à proximité. Même s’il refuse le contact physique sur le moment, votre présence silencieuse et protectrice est indispensable.

L’après-crise : prévenir et s’entrainer

Une fois l’orage passé et l’enfant redescendu en pression, c’est le moment d’agir pour l’avenir.

  • Réparez le lien : Prenez-le dans vos bras, rassurez-le sur votre amour inconditionnel, et posez une règle claire (à « travailler » en sous forme d’astivité autour des émotions et du stress) : « Tu as le droit d’être très en colère et tu peux l’exprimer comme ceci ou ceci ».

  • Offrez des alternatives : Aidez-le à trouver d’autres moyens d’évacuer cette énergie la prochaine fois. Apprenez-lui à grogner comme un lion, à souffler, à sauter sur place ou à gribouiller de toutes ses forces sur une feuille.

  • Jouez les détectives : Observez le contexte des crises. Surviennent-elles souvent avant le repas (faim ?) ou en fin de journée (fatigue, surstimulation ?) Anticiper ces facteurs déclencheurs permet souvent de désamorcer la tempête.

Conclusion et autres pistes

Ce comportement disparaît généralement de lui-même vers l’âge de 5 ou 6 ans, lorsque le langage et la maturité émotionnelle prennent le relais. En attendant, cultivez votre patience, montrez-lui l’exemple en exprimant et régulant vous-même vos frustrations à voix haute (« Ouh, je suis très fâché d’avoir renversé mon verre, je vais souffler un grand coup ! »), et n’hésitez pas à en parler à un pédiatre si vous vous sentez dépassé et si la situation ne s’atténue pas car ce geste peut effectivement être le symptôme d’autres problématiques, qu’elles soient médicales, neurodéveloppementales ou psychologiques.

1. Des douleurs physiques non exprimées

C’est souvent la première piste à écarter chez un enfant qui ne parle pas encore ou qui a du mal à s’exprimer. Un enfant peut se frapper la tête ou le visage pour soulager ou exprimer une douleur locale (otites, poussées dentaires, maux de ventre ou migraines,…).

2. Le Trouble du spectre de l’autisme (TSA)

Chez les enfants autistes, les comportements comme se frapper, se mordre, se cogner la tête sont plus fréquents et s’expliquent par plusieurs facteurs :

  • Surcharge sensorielle : L’enfant est submergé par son environnement (trop de bruit, de lumière, d’agitation) et se frappe pour essayer de reprendre le contrôle ou bloquer ces stimuli.

  • Autostimulation (Stimming) : Le fait de se cogner procure une sensation physique forte qui aide le système nerveux de l’enfant à s’apaiser et à se réguler.

  • Défis de communication : La frustration de ne pas pouvoir se faire comprendre ou de ne pas comprendre les attentes des autres peut être si intense qu’elle se traduit par des coups contre soi-même.

3. Les retards de développement ou déficiences intellectuelles

Comme pour le TSA, si le développement du langage ou des capacités cognitives est retardé, l’enfant se retrouve prisonnier de ses frustrations plus longtemps que la moyenne. L’incapacité chronique à communiquer ses besoins fondamentaux mène alors à des comportements de ce type.

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