Autisme : La HAS tourne définitivement la page de la psychanalyse dans ses nouvelles recommandations 2026
C’est un tournant historique pour la prise en charge de l’autisme en France. Dans ses nouvelles recommandations de bonnes pratiques publiées ce 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé (HAS) a tranché : la psychanalyse ne figure plus parmi les interventions recommandées pour l’accompagnement des enfants et adolescents autistes. Ce document, très attendu par les associations de familles, vise à harmoniser les pratiques sur tout le territoire et à aligner la France sur les standards scientifiques internationaux.
La fin de l’ambiguïté
Si les recommandations de 2012 qualifiaient la psychanalyse de « non consensuelle », la version 2026 est sans équivoque. La HAS classe désormais l’approche psychanalytique dans la catégorie des « interventions non recommandées », au même titre que le packing (enveloppement humide), la méthode des 3i ou encore la méthode Padovan.
L’autorité sanitaire justifie cette décision par l’absence de preuves scientifiques d’efficacité de ces méthodes dans le cadre des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA). L’objectif est clair : protéger les familles d’errances thérapeutiques et orienter les financements publics vers des solutions éprouvées.
Priorité aux approches comportementales et développementales
Que recommande alors la HAS ? L’instance privilégie une approche pragmatique, fondée sur les preuves (evidence-based medicine). Les interventions doivent être :
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Précoces : Mises en place dès les premiers signes d’alerte, sans attendre un diagnostic formel.
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Développementales et comportementales : Inspirées des méthodes type ABA, Denver ou TEACCH, elles visent à développer la communication, les habiletés sociales et l’autonomie de l’enfant.
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Pluridisciplinaires : Orthophonie, psychomotricité et ergothérapie doivent s’articuler autour d’un projet personnalisé.
La HAS insiste sur la nécessité d’interventions intensives, particulièrement avant l’âge de 4 ans, pour maximiser la neuroplasticité de l’enfant.
Les parents : des partenaires, non des patients
L’autre rupture majeure de ce texte concerne la place des familles. Longtemps culpabilisées par certaines théories psychanalytiques (notamment la figure de la « mère réfrigérateur »), les parents sont ici réhabilités.
Le document les reconnait comme « experts d’usage ». Ils ne doivent plus être tenus à l’écart du soin mais au contraire formés et impliqués au quotidien dans les stratégies éducatives. La guidance parentale devient ainsi un pilier de l’accompagnement, favorisant une cohérence entre le cabinet du professionnel et la maison.
Un défi de mise en œuvre
Si ces recommandations sont saluées par la majorité des associations scientifiques et de parents, elles posent désormais la question des moyens. La France accuse encore un retard dans la formation des professionnels aux méthodes comportementales. La transition des structures psychiatriques classiques vers ces nouvelles pratiques exigera un effort de formation continue massif et une réorganisation profonde de l’offre de soin médico-sociale.
En résumé :
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Source : Recommandations HAS du 12 février 2026.
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Décision clé : La psychanalyse et le packing sont non recommandés.
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Nouveau standard : Interventions précoces, comportementales et développementales.
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Philosophie : Inclusion scolaire et partenariat étroit avec les familles.
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