Une fourmi dans votre classe : l’outil qui aide les élèves à traverser leurs émotions et leurs conflits
Il est 10h15. Deux élèves se disputent un feutre. Le ton monte. Vous avez trente enfants dans la classe, une séance de mathématiques à mener, et quinze secondes pour décider quoi faire.
Vous connaissez ce moment. Il revient chaque jour, sous des formes différentes. Et vous savez déjà que la sanction rapide règle la surface sans rien apprendre à personne.
C’est pour ces moments-là qu’existe La Classe des Fourmis Empathiques : un kit complet à imprimer, conçu pour donner aux enfants des outils concrets — et pour vous en donner aussi.
Le kit est disponible à prix libre à partir de 1 €, avec le même contenu quel que soit le montant choisi. Découvrir le kit
Émy, une petite fourmi qui observe ce que les adultes oublient de voir
Le kit repose sur un personnage : Émy, une fourmi curieuse et attentive qui s’installe dans votre classe pour l’année.
Elle remarque quand quelqu’un est triste. Quand un copain en aide un autre. Quand une dispute éclate. Quand un enfant fait preuve d’un grand courage. Tout au long de l’année, elle pose des questions, propose des défis et partage ses découvertes.
Ce détour par un personnage n’est pas un habillage décoratif. Il permet à un enfant de parler d’une émotion difficile sans se sentir jugé : ce n’est pas lui qui est en cause, c’est Émy qui raconte, qui se trompe parfois, qui apprend elle aussi. Cette mise à distance rend possible une parole qui, en frontal, ne viendrait pas.
Émy le dit d’ailleurs elle-même aux élèves : être empathique ne veut pas dire être parfait. Cela veut dire essayer de comprendre les autres, et parfois aussi soi-même.
Ce que contient le kit
Les affichages de classe
Une série de posters prêts à afficher : ce qu’on peut faire ensemble en classe (aider, écouter, coopérer, inclure, prendre soin, communiquer avec respect), les droits de chacun, les bonjours et au revoir sous toutes leurs formes — et même une affiche « Je suis maître.sse et j’ai besoin de… » qui rend visibles vos propres besoins d’adulte.
L’affiche « En classe, j’ai le droit de demander » mérite une mention particulière : de l’aide, une pause, à être écouté, à recommencer, à boire, à être seul dans un espace calme. Elle transforme des demandes souvent perçues comme des dérangements en droits explicites et légitimes.
Les cartes réparation
Lorsqu’un élève a causé du tort — à un camarade, au matériel, au groupe — il choisit une carte qui propose une action concrète pour assumer sa responsabilité et restaurer le lien.
Trois familles : réparer la relation (présenter des excuses, écouter l’autre, proposer un jeu, offrir une attention), réparer le matériel (nettoyer, ranger, aider à trier), réparer le groupe (rendre un service, aider à distribuer, préparer la classe).
La différence avec une punition est fondamentale. Une punition demande à l’enfant de payer une faute : elle sature son système de stress et le laisse seul avec sa culpabilité. La réparation lui demande d’agir sur les conséquences : elle mobilise sa capacité à faire, et lui renvoie une image de lui-même comme quelqu’un qui peut arranger les choses. Les travaux de Catherine Gueguen sur le développement du cerveau de l’enfant montrent à quel point cette différence de posture compte pour la maturation des circuits de régulation.
Le message clair
Une affiche en forme de main, cinq doigts, cinq étapes que les élèves apprennent à suivre seuls :
- Est-ce que je peux te parler ?
- Voici ce qu’il s’est passé…
- J’ai ressenti…
- J’ai besoin de…
- As-tu compris ?
Au centre de la paume : « Ensemble, trouvons une solution. » Une fois le rituel installé, une part des conflits se règle sans vous — ce qui est précisément l’objectif.
Les outils de retour au calme
Un parcours visuel — « Quelque chose ne va pas ? » — que l’enfant suit avec son doigt : je respire, je reconnais mon émotion, je cherche mon besoin, je choisis une solution, je retourne travailler.
Et un thermomètre intérieur à quatre niveaux : je vais bien, je suis tendu.e, j’ai besoin d’aide, je n’arrive plus à réfléchir. Chaque niveau propose une action adaptée. C’est un outil d’autorégulation au sens où l’entend Stuart Shanker : apprendre à repérer son état d’activation avant qu’il ne déborde, plutôt que subir le débordement puis le réparer.
Les cartes émotions et besoins
Neuf émotions illustrées — joie, colère, peur, tristesse, surprise, dégoût, honte, sérénité, fatigue — avec au verso une amorce de phrase : « Je ressens de la colère… parce que… »
Et surtout, sept cartes besoins qui vont avec : sécurité, lien, autonomie, reconnaissance, repos, jeu, courage. C’est l’articulation qui fait la valeur de cet outil. Une émotion seule est un constat ; une émotion reliée à un besoin devient une information exploitable. Un enfant qui identifie « j’étais en colère parce que j’avais besoin de reconnaissance » a fait un chemin considérable.
On retrouve là les trois besoins psychologiques fondamentaux identifiés par Deci et Ryan — autonomie, compétence, appartenance — traduits dans un langage accessible dès la maternelle. Et le fait de mettre des mots sur ce qu’on ressent a un effet mesurable sur l’intensité de l’émotion elle-même, comme l’a montré Daniel Siegel.
Les missions d’Émy
Deux dés, deux colonnes : QUOI (aide, encourage, observe, remercie, joue avec, raconte une anecdote amusante) et QUI (un camarade, un autre élève de l’école, ton enseignant.e, un adulte de l’école, toute la classe, toi-même). Trente-six combinaisons, un rituel de deux minutes le matin, et une mission d’empathie différente chaque jour.
Trois aide-mémoire pour vous
C’est la partie du kit dont on parle le moins, et peut-être la plus précieuse. Trois fiches conçues pour l’adulte :
- Entrer en communication après un conflit : accueillir, comprendre, réfléchir ensemble, réparer — avec les questions à poser à chaque étape.
- Formuler des encouragements qui nourrissent la confiance : décrire plutôt que juger, valoriser les efforts, remarquer les comportements empathiques. La distinction entre l’encouragement et le compliment, que les travaux de Carol Dweck sur l’état d’esprit de développement ont largement documentée.
- Se réguler quand ses propres émotions prennent le dessus : « Suis-je obligé.e de réagir tout de suite ? », « Puis-je prendre une minute pour respirer ? », « Quelle réponse sera la plus utile à long terme ? »
Cette dernière fiche répond à quelque chose que le métier laisse rarement dire : un enseignant est un humain qui fatigue, qui s’agace, qui a des journées difficiles. Les enfants apprennent autant de votre manière de réagir que de ce que vous leur dites. Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de sa classe.
Comment l’installer sans vous ajouter du travail
Le kit n’est pas une méthode à appliquer intégralement dès la rentrée. Ce serait le meilleur moyen de l’abandonner en octobre.
La logique est inverse : présentez un outil à la fois, faites-le vivre plusieurs jours, attendez qu’il devienne un réflexe avant d’en introduire un nouveau. Commencez par lire l’histoire d’Émy, affichez un poster, laissez les enfants s’approprier le personnage. Le reste viendra.
Les outils prennent tout leur sens quand ils sont utilisés dans les situations réelles de la classe, pas présentés hors contexte. Une carte réparation sortie au moment où elle est nécessaire vaut dix explications théoriques.
Les activités s’adaptent en cycles 2 et 3 en autonomie, et en cycle 1 avec l’accompagnement de l’adulte, en médiation orale.
Ce que ce kit ne fera pas
Soyons clairs, parce que les promesses excessives sont l’ennemi de la confiance.
Les conflits ne disparaîtront pas de votre classe. Les émotions seront toujours présentes, parfois bruyamment. Certains élèves résisteront aux outils, d’autres les utiliseront de travers avant de les utiliser bien.
Mais petit à petit, vos élèves apprendront à mieux comprendre ce qu’ils ressentent, à l’exprimer autrement qu’en criant ou en frappant, et à le traverser. Chaque outil est une petite graine qui grandira au fil de l’année. Et c’est déjà beaucoup.
Un kit à prix libre
Nous avons fait un choix pour ce kit : c’est vous qui décidez de votre contribution.
Si votre budget est serré — et beaucoup d’entre vous financez déjà votre matériel de classe sur vos deniers personnels — prenez-le à 1 €. Sans justification, sans gêne. Le contenu est strictement identique quel que soit le montant.
Si vous pouvez donner davantage, ce que vous versez retourne dans la création des prochaines ressources Les Fourmis Empathiques et fait vivre notre campagne contre les violences éducatives ordinaires.
La Classe des Fourmis Empathiques — Kit enseignant à imprimer
Affichages, cartes réparation, cartes de résolution de conflits, message clair, outils de retour au calme, cartes émotions et besoins, missions d’Émy, encouragements et trois aide-mémoire enseignant. PDF téléchargeable immédiatement.
Parce qu’avant d’être des élèves, ce sont des enfants.
Et qu’un enfant qui se sent bien apprend mieux.
Une création École Positive × Serenest, dans le cadre du mouvement Les Fourmis Empathiques.





