« Réfléchis à ce que tu as fait » : une expression à remplacer dans l’éducation

[Un vase se fracasse au sol après avoir été heurté involontairement par un enfant]

Le parent se précipite et crie : 

« File dans ta chambre et réfléchis à ce que tu as fait !!!! »

 

Quand nous sommes énervés et que nous ne sommes pas capables de réfléchir, nous pouvons avoir comme réflexe de repousser/éloigner l’autre (enfant ou adulte) car nous sentons une forme d’agression. C’est la colère qui parle alors et non la raison. La colère tente de protéger notre intégrité. Elle s’active automatiquement car il y a une perception de danger ou qu’on associe inconsciemment la situation actuelle à une situation passée ou à une personne que nous souhaiterions rejeter sans jamais avoir osé ou pu le faire.

Cette situation se reproduit régulièrement mais nous n’avons pas toujours la possibilité d’expulser l’autre de la pièce (comme quand c’est notre chef qui a déclenché ou raviver cette colère en nous).

En revanche, quand c’est un enfant ou un individu que nous estimons « dominer » car nous la savons inoffensive, nous n’hésitons pas à crier ou à asséner avec une certaine froideur l’ordre de partir. Ainsi, il nous semble revenir dans un sentiment de contrôle sécurisant des évènements.

D’ailleurs, pour renforcer cette domination sur l’autre, nous pouvons y ajouter une injonction énigmatique et perturbante du style : « Réfléchis à ce que tu as fait ».

Cette phrase lourde ouvre une gigantesque porte : celle de la Culpabilité avec un énorme C. Car « Réfléchis à ce que tu as fait » provoque une interrogation globale :

« qu’est-ce qu’on me reproche ? »; un questionnement qui couvre un ensemble de possibilités qui augmente l’anxiété et alimente la culpabilité. Or, les émotions désagréables sont des freins à l’écoute, à la réflexions et à l’apprentissage.

Ajoutons qu’un enfant qui a déjà quelques difficultés à réguler ses émotions en autonomie (et est même dans l’impossibilité d’y parvenir quand il est très jeune), doit d’abord s’apaiser SEUL et tenter d’interpréter ce que son parent attend de lui pour revenir dans ses bonnes grâces car il ne sait pas quelle est son « erreur » (notion très subjective) ni s’il est possible de la réparer… C’est une grande confusion pour lui et une double ration de culpabilité (car il a déjà compris en observant son parent qu’une de ses actions était à l’origine du mécontentement).

Il en est de même entre deux adultes : un adulte qui ordonne à un autre de quitter la pièce sans dire un mot ou en disant sur un ton moralisateur « Réfléchis » se positionne dans un rôle de domination et dans une relation parent moralisateur-enfant. Or dans ce type de relation, la discussion et la résolution du différend ne sont pas envisageables.

Il s’agit d’une approche conflictuelle très déstabilisante voire manipulatrice. 

Une approche plus profitable serait de pratiquer une communication claire inspirée de la Communication NonViolente (voir aussi les lien en bas de l’article) :

  • Décrire la situation sans juger « quand j’entends, je vois … » 
  • Exprimer nos sentiments : « Je ressens … »
  • Exprimer nos besoins : « j’ai besoin de  »
  • Demander clairement : « Voilà ce que j’attends …»

Et si c’est un enfant qui se trouve en face, penser à se baisser pour se mettre à son niveau afin qu’il ne soit pas intimidé par la taille d’un adulte, son regard glacial et son ton coupant. Pour communiquer mieux vaut d’abord se « connecter« .

 

Voici une autre stratégie à tester basée sur le choix de la réparation. C’est une approche responsabilisante :

Pour en savoir plus sur la CNV et retrouver les besoins et sentiments cliquez ici.

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