Pourquoi les remarques sur notre enfant nous touchent-elles autant ? Ce que dit la science

En tant que parents, nous avons tous ressenti cette bouffée de chaleur et de fierté quand quelqu’un complimente notre enfant. À l’inverse, une remarque désobligeante à son égard peut nous blesser profondément, presque physiquement. Rassurez-vous, cette réaction est tout à fait normale : c’est votre cerveau qui prend le relais.

Il est très fréquent pour un parent de se projeter dans sa progéniture. Nos enfants sont, d’une certaine manière, le prolongement de nous-mêmes, et notre propre sentiment d’accomplissement repose en partie sur eux. Pour comprendre ce phénomène fascinant, des chercheurs de l’Université de Leyde aux Pays-Bas ont mené une étude en observant l’activité cérébrale de parents pendant qu’on leur délivrait des commentaires (positifs ou négatifs) sur leur enfant.

Voici ce qu’ils ont découvert.

Quand le compliment agit comme un miroir

Face à des remarques positives sur les prouesses, les notes ou la gentillesse de votre enfant, les chercheurs ont constaté l’activation d’une zone bien précise : le cortex préfrontal ventromédian.

Le détail troublant ? Cette zone est habituellement associée aux processus de réflexion sur soi-même à la première personne (comme lorsqu’on se demande « Qui suis-je ? » ou qu’on se remémore un souvenir). En clair, lorsque l’on dit du bien de votre enfant, votre cerveau réagit exactement comme si l’on disait du bien de vous. L’inconscient traduit : « Mon enfant, c’est moi ! ».

Quand la critique fait « physiquement » mal

Que se passe-t-il, en revanche, quand quelqu’un se permet de critiquer votre enfant ? L’étude révèle que deux autres zones de l’encéphale s’embrasent :

• Le cortex cingulaire antérieur : Il agit comme un signal d’alarme. Il s’active quand la réalité ne correspond plus à ce que l’on attend (la dissonance).

• L’insula : C’est la zone qui intervient directement dans la perception de la douleur et des sensations viscérales.

La conclusion neurologique est sans appel : attaquer votre enfant, c’est vous attaquer, et votre cerveau vit cette critique comme une véritable douleur.

Le défi : aimer sans idéaliser

Évidemment, les enfants ont fondamentalement besoin de sentir que leurs parents sont fiers d’eux. C’est le socle sur lequel ils construisent leur propre confiance.

Cependant, cette étude et d’autres recherches en psychologie mettent en lumière un point de vigilance crucial : nos enfants ont avant tout besoin de se sentir aimés indépendamment de leurs performances.

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Si un enfant grandit en sentant que l’amour de ses parents est conditionné par ses succès (et par le regard des autres), il risque de développer une estime de lui-même très fragile. De plus, les enfants « trop » idéalisés ont souvent plus de mal, en grandissant, à accepter les inévitables échecs et déconvenues de la vie adulte.

Le mot de la fin ? Soyons profondément fiers de nos enfants et célébrons leurs réussites, mais n’oublions pas de prendre du recul. Aimer son enfant, c’est l’aimer pour ce qu’il est, avec ses forces et ses failles, sans en faire le baromètre de notre propre réussite !

Source principale de l’étude :

Vous pouvez consulter la publication scientifique originale de l’Université de Leyde (en anglais) ici :

Vicarious praise and pain: parental neural responses to social feedback about their adolescent child (Oxford Academic / SCAN, 2021)

 

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