Pourquoi il est inutile d’interdire aux enfants de grimper un toboggan à l’envers, d’escalader les tables, de crier, de jouer avec les aliments,…

Pourquoi les enfants ne peuvent-ils pas s’empêcher de grimper sur les tables, remonter un toboggan à l’envers, jeter des objets, sauter dans une flaque d’eau, … ? Comme nous l’explique la psychologue Héloïse Junier dans son livre “Le manuel de survie des parents” , “Ce n’est ni pour nous contredire, ni pour nous faire passer une mauvaise journée. C’est juste parce qu’ils sont « programmés » pour le faire ! “

L’auteure évoque la théorie de « l’affordance », un mot qui définit la manière dont l’enfant va explorer un objet en fonction de ses propriétés physiques (s’il est mou, s’il est dur, s’il est gros, s’il est petit, s’il inclut ou non une plateforme…).

Les propriétés de chaque objet vont guider l’action de l’enfant (tandis que, en retour, l’action va permettre à l’enfant de développer des connaissances sur l’objet en question). 

C’est donc un élan spontané et irrépressible qui illustre le mécanisme de fonctionnement du cerveau : les expériences et l’exploration favorisent la création de connexions synaptiques entre les neurones. C’est ainsi que l’autonomie se développe : par calculs et ajustements permanents.

Voir les enfants comme des scientifiques qui expérimentent pour apprendre est un moyen pour les parents de ne pas s’offusquer lorsque les interdits ne sont pas respectés. Normal, ils vont souvent à l’encontre des besoins essentiels des enfants !

Cette inadéquation aux besoins est une raison solide de l’inefficacité des interdits. C’est un autre thème abordé par Heloïse Junier qui cite 4 interdits que nous devrions abandonner car ils ne satisfont pas les besoins de l’enfant (mais plutôt le besoin de confort de l’adulte) :

  1. Ne pas remonter le toboggan par la pente : les enfants remontent spontanément le toboggan par la pente car ils y voient un exercice d’exploration stimulant : test des appuis successifs à l’aide des 4 membres pour progresser, combattre la gravité, exercer la force des bras,… Ainsi, l’interdit de l’adulte est surtout là pour rassurer celui-ci et se conformer aux conventions “sociales” (“un toboggan se monte par les escaliers et se descend par la pente”).
  2. Ne pas grimper sur la table basse : l’enfant a besoin de grimper pour développer ses compétences motrices, prendre confiance en son corps, en ses capacités, développer son sens de l’équilibre.
  3. Ne pas crier, ne pas courir : crier, pleurer, courir,… permet à l’enfant de décharger ses émotions et d’évacuer les toxines de stress. Si on l’empêche, cette “énergie” finira quand même par sortir…
  4. Ne pas jouer avec la nourriture : l’exploration de l’environnement avec les 5 sens est essentielle à l’enfant. Les recherches démontrent qu’un enfant qui a la possibilité de manipuler la nourriture avec ses mains mangera de manière plus variée et sera moins exposé au risque de néophobie alimentaire vers l’âge de 24 mois.

Au lieu de ces interdits, nous pouvons poser des règles plus souples qui tiennent compte des besoins et qui évoluent en même temps que la maturité de l’enfant en s’adaptant au contexte. 

Ces règles sont à rappeler régulièrement en sollicitant la mémoire de l’enfant et en soulignant lorsqu’elles sont respectées (renforcement positif).

 

Les deux interdits qui sont universels et non négociables sont :

  • l’interdit lié à un danger réel. 

  • l’interdit lié au respect de l’autre : “faire du mal aux autre avec des mots ou des gestes”

Le reste est négociable !

 

Source : “Le manuel de survie des parents” d’Heloïse Junier

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