L’éducation positive crée-t-elle des enfants rois ? (spoiler : non)
L’éducation positive est-elle une fabrique à enfants rois ou une méthode validée par la science ? Dans un récent épisode du podcast InPower avec Louise Aubery, le docteur en neurosciences Albert Moukheiber déconstruit les mythes entourant la parentalité bienveillante. Voici ce qu’il faut retenir pour éduquer sans culpabiliser.
Qu’est-ce que l’éducation positive (la vraie) ?
Le terme « éducation positive » est souvent galvaudé sur les réseaux sociaux. Il est crucial de distinguer la tendance Instagram (souvent culpabilisante et irréaliste) de la définition académique.
Selon Albert Moukheiber, l’éducation positive ne rime pas avec laxisme. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas de :
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Dire « oui » à tout.
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Refuser toute forme de frustration.
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Laisser l’enfant décider de tout sans cadre.
Au contraire, l’approche scientifique vise l’autonomisation de l’enfant et le développement de ses compétences émotionnelles. Elle s’est construite historiquement en réaction à l’éducation autoritaire (punitions corporelles, obéissance aveugle) pour proposer un modèle basé sur la communication et la compréhension des besoins.
L’éducation positive crée-t-elle des enfants rois ?
C’est la grande peur des parents d’aujourd’hui. La réponse du neuroscientifique est nuancée mais rassurante : Non, l’éducation positive ne crée pas d’enfants rois.
Le concept d’enfant roi est apparu au début du XXe siècle, bien avant l’avènement de la parentalité positive. Albert Moukheiber alerte cependant sur une dérive : l’éducation permissive. Si un enfant n’est jamais confronté au « non » ou à la frustration, le risque n’est pas tant qu’il devienne un tyran, mais plutôt un adulte anxieux.
À retenir : Un enfant a besoin d’apprendre à tolérer la frustration et le rejet pour naviguer sereinement dans la vie adulte. Le rôle du parent est d’accompagner cette frustration, pas de l’éliminer.
Colère et culpabilité : Le parent parfait n’existe pas
L’un des points forts de l’intervention d’Albert Moukheiber est la déculpabilisation des parents. Est-il grave de s’énerver contre son enfant ? Non. Les émotions négatives, y compris la colère, font partie de la vie. Il est sain pour un enfant de comprendre que ses parents sont des êtres humains avec des limites.
Souvent, l’énervement parental ne vient pas du comportement de l’enfant, mais du contexte (fatigue, stress professionnel, charge mentale). L’éducation se joue à deux : pour prendre soin de l’enfant, il faut aussi prendre soin de la santé mentale du parent.
Punitions, écrans et limites : Que dit la science ?
Au-delà des théories, que faire concrètement ? Voici les points validés empiriquement cités dans le podcast :
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L’inefficacité de la punition systématique : La punition (type « au coin » ou privation arbitraire) n’est pas une méthode d’apprentissage efficace à long terme. Mieux vaut privilégier l’explication et les conséquences logiques.
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Le danger des écrans avant 3 ans : Le consensus est clair. Pas d’écrans pour les tout-petits. Cela implique aussi que les parents doivent lâcher leur propre téléphone lorsqu’ils interagissent avec leur enfant pour favoriser le dialogue social.
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L’importance du jeu et du sommeil : Ce sont les deux piliers fondamentaux du développement cérébral de l’enfant.
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Cela me permet de partager de nouveau avec vous une « fiche de route » que j’avais mise à jour en 2023 :
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