Je connais les droits qui me protègent : un jeu de plateau pour parler de bienveillance avec ton enfant
Et si ton enfant pouvait apprendre à nommer ce qui est juste, à reconnaître ce qui ne l’est pas, et à mettre des mots sur ses droits… en jouant ? C’est exactement ce que propose ce jeu de plateau créé par Les Fourmis Empathiques.
« Je connais les droits qui me protègent » n’est pas un jeu pour gagner ou perdre. C’est un jeu pour avancer ensemble — case après case — et ouvrir des conversations qui, parfois, n’arrivent jamais faute d’un point de départ.
À quoi sert ce jeu ?
Les enfants ne savent pas toujours qu’ils ont des droits. Que personne n’a le droit de les frapper, de les humilier, de les faire se sentir responsables des comportements des adultes. Que leurs émotions sont légitimes. Qu’ils peuvent dire non à un bisou, même à quelqu’un qu’ils aiment.
Ce jeu leur permet de l’apprendre dans un cadre sécurisant : autour d’une table, avec toi.
Il aborde des thèmes essentiels :
- les violences éducatives ordinaires (crier, menacer, humilier, frapper)
- le droit à l’expression émotionnelle
- le droit de refuser un contact physique
- le droit de demander de l’aide
- la notion d’adulte protecteur
- la responsabilité des adultes dans leurs comportements
Comment joue-t-on ?
La règle est volontairement simple, pour que l’attention reste sur les échanges, pas sur la mécanique de jeu.
Le principe : chaque joueur·euse avance une case après l’autre, du DÉPART jusqu’à l’ARRIVÉE. À chaque case, une question est posée à voix haute. On y répond ensemble, on échange, on réfléchit.
Avant de partir : la première case invite chacun à se demander « te sens-tu en sécurité ? ». C’est un point de départ important : on ne joue que si tout le monde se sent bien. Ce n’est pas une formalité — c’est déjà une leçon en soi.
Ensuite : on avance case par case. Chaque case contient une question ouverte, à laquelle il n’y a pas de « mauvaise réponse ». Certaines appellent à réfléchir (« un adulte a-t-il le droit de te frapper ? »), d’autres à ressentir (« que ressens-tu quand on crie sur toi ? »), d’autres encore à agir (« montre comment dire stop »).
Il n’y a pas de minuterie, pas de pénalité. Le rythme, c’est celui de la conversation.
Les questions du plateau
Voici un aperçu des cases que tu traverseras avec ton enfant :
| Ai-je le droit d’être écouté·e quand quelque chose ne va pas pour moi ? | Ai-je le droit d’exprimer mes émotions comme la colère, la peur ou la tristesse ? |
| Un·e adulte a-t-il le droit de me frapper, me pincer, me pousser, me tirer les cheveux ? | Ai-je le droit de dire non à un bisou ou à un câlin, même à quelqu’un que j’aime ? |
| Est-ce qu’isoler un enfant pour le punir est une violence ? Comment faire autrement ? | Un·e adulte peut-il me dire « tu es méchant·e », « nul·le »… pour me faire obéir ? |
| Ai-je le droit de poser des questions et de donner mon avis, même si ça dérange les adultes ? | Les enfants sont-ils responsables des comportements des adultes selon toi ? |
| Décris ce que serait pour toi un·e adulte protecteur·protectrice. Y en a-t-il autour de toi ? | Un adulte s’est-il déjà excusé après avoir crié ou t’avoir blessé·e ? |
Ces questions peuvent sembler directes. Elles le sont. Et c’est précisément pour cela qu’elles sont précieuses : elles donnent aux enfants le vocabulaire et la permission de parler de choses qu’ils n’osent souvent pas aborder spontanément.
Ce que ce jeu va changer dans votre relation
En jouant à ce jeu, tu ne te contentes pas d’informer ton enfant sur ses droits. Tu lui envoies un message bien plus profond :
« Ce que tu ressens compte. Ce qu’on te fait subir compte. Et tu peux en parler avec moi. »
Les recherches en psychologie de l’enfant — notamment les travaux sur l’attachement sécure (Bowlby, Ainsworth) — montrent qu’un enfant qui se sait soutenu et écouté est bien mieux armé pour reconnaître une situation problématique et demander de l’aide. Ce jeu construit exactement ce filet de sécurité.
Il peut aussi te permettre, en tant que parent, de te questionner sans te juger : certaines cases invitent à réfléchir à nos propres réactions, à ce que nous aurions aimé qu’on nous dise enfant, à la façon dont nous voulons réagir quand notre enfant fait une erreur.
À partir de quel âge ?
Le jeu est adapté aux enfants à partir de 6 ans environ, mais peut tout à fait se jouer avec des enfants plus jeunes si tu adaptes les questions à la volée. L’essentiel, c’est que la conversation reste fluide et bienveillante — pas que chaque case soit traitée à la lettre.
Il peut aussi servir de support en classe, en groupe de parole, chez un·e psychologue ou dans un cadre éducatif spécialisé.
Le numéro 119 sur le plateau : pourquoi ?
Tu l’auras peut-être remarqué : le 119 — numéro national de protection de l’enfance — est affiché en évidence sur le plateau. Ce n’est pas un détail. C’est un ancrage concret qui dit à l’enfant : il existe des adultes dont le métier est de te protéger, et voici comment les appeler.
Prendre le temps d’en parler pendant la partie — de ce que c’est, de quand on peut appeler — c’est offrir à ton enfant un outil supplémentaire de sécurité.
À combiner avec le jeu du consentement
« Je connais les droits qui me protègent » se joue très bien en complément du jeu « Consens ou pas ? », également créé par les Fourmis Empathiques. Les deux forment un duo cohérent : l’un ancre les droits fondamentaux de l’enfant, l’autre les incarne dans les situations concrètes du quotidien — les câlins imposés, le non d’un copain, les limites du corps.
👉 Télécharger le jeu du consentement « Consens ou pas ? »
En résumé
Ce jeu, c’est :
- une mécanique ultra-simple : une case après l’autre, du départ à l’arrivée
- des questions ouvertes qui invitent à réfléchir, ressentir, et s’exprimer
- un espace sécurisant pour aborder les droits de l’enfant sans dramatiser
- un outil pour renforcer le lien parent-enfant autour de valeurs de bienveillance et de protection
- une création des Fourmis Empathiques, portée par les hashtags #adulteprotecteur et #jecoutejeprotege
Parce que les enfants qui savent nommer leurs droits sont des enfants mieux protégés. Et parce que toi, en jouant avec eux, tu leur montres que tu es exactement l’adulte protecteur dont ils ont besoin.
Pour compléter :
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