Crier sur un enfant en colère est un réflexe inutile

Les émotions sont contagieuses. Lorsque nous voyons une émotion sur le visage d’un adulte, d’un enfant ou même d’un acteur au cinema, nos neurones miroirs nous incitent à absorber cette émotion et la reproduire. C’est une première information essentielle.

Cette particularité est plaisante lorsqu’il s’agit de partager une joie. Beaucoup moins lorsqu’il s’agit de stress, de peur ou de colère.

Un interlocuteur en colère nous transmet sa colère.

Un enfant en colère nous transmet sa colère.

Certes, mais heureusement, le cerveau adulte et mature (du moins normalement) est doté du cortex préfrontal (partie derrière les yeux) qui est capable de réguler l’amygdale, centre du cerveau émotionnel. Donc, potentiellement, l’adulte peut réguler la colère absorbée en se disant “ok, cette colère n’est pas la mienne mais je peux aider celui qui l’a ressent en gardant mon calme”.

L’enfant, lui, a un cortex préfrontal qui n’est pas opérationnel. Il vit les émotions en direct, sans filtre. Et il les vit avec tout son corps sans pouvoir les réguler correctement. Sauf, qu’il peut entrer dans une sorte de sidération lorsqu’on lui crie dessus alors qu’il ressent de la colère. Une sidération qui est issue de l’afflux d’hormones du stress dans son cerveau. Cette sidération ne lui permet pas de comprendre ce qu’il est en train de vivre ni ce qu’il doit en retenir. Et par conséquent, il est incapable de modifier son comportement sur le long terme. Il pourra à la rigueur être conditionné par les cris. Un conditionnement qui le poussera progressivement à enfouir ce qu’il ressent vraiment. Or il a besoin d’être connecté à ce qu’il ressent car c’est sa première boussole face à la vie. C’est grâce à elle qu’il deviendra autonome et saura prendre des décisions en adéquation avec ses vrais besoins. C’est aussi grâce à cette boussole qu’il se socialisera et sera connecté aux autres.

 

Pour résumer :

Problèmes :

  • Crier sur un enfant en colère ne règle pas la cause de la colère. La situation se reproduira donc.
  • Crier sur un enfant en colère lui insuffle de la peur et du stress qui remplaceront la véritable émotion (qui elle sera enfouie) ainsi que ses besoins. L’enfant se conditionnera.
  • Crier sur un enfant en colère, c’est lui montrer que même les adultes ne savent pas réguler les émotions sans agresser.

Solutions (et pistes de réflexion) :

  • Essayons de garder notre calme en évitant d’absorber l’émotion des enfants mais en offrant une présence bienveillante et une aide à la verbalisation.
  • Cherchons si notre propension à nous mettre en colère n’est pas la résultante d’une émotion bloquée dans notre passé ou d’un besoin inassouvi chez nous.
  • Verbalisons régulièrement nos émotions en disant “je ressens…” sans accuser autrui et en disant ce que nous attendons (voir cet article). Les enfants, en nous observant, apprendront à développer eux-aussi leur intelligence émotionnelle.

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