Comment réagir face aux comportements « difficiles » d’un enfant
Face aux crises, aux « oppositions » ou aux gestes impulsifs de nos enfants, nous nous sentons souvent démunis, voire défiés. Le tableau ci-joint n’est pas une simple liste de recettes, mais un véritable outil de décodage. Il nous invite à changer de lunettes pour voir ce qui se cache réellement derrière le comportement de l’enfant : une immaturité cérébrale et un besoin intense de sécurité.
Il vous permettra aussi de remplacer les croyances et pensées à l’origine de réactions violentes/dures pour l’enfant. Et ce, en expérimentant le « switch empathique » (pour mieux percevoir les ressentis de l’enfant en transposant les situations).
Voici les clés pour interpréter et utiliser ce tableau au quotidien.
1. Le cerveau de l’enfant : un chantier en construction
La première chose à comprendre est purement biologique. Le tableau rappelle que l’enfant ne cherche pas à vous « faire craquer », mais qu’il cherche à se rassurer, à développer son autonomie, à coopérer, ... Son cortex préfrontal (la zone du cerveau responsable de la réflexion, de la logique, de la planification, de l’inhibition et de la régulation des émotions) est encore immature.
C’est particulièrement flagrant avec la gestion de la négation.
- Le piège du « Ne pas » : Si vous dites « Ne cours pas », le cerveau de l’enfant visualise d’abord l’action de « courir ». L’image de l’action arrive avant l’interdiction.
- L’exemple de l’autruche : C’est comme si l’on vous disait « Ne pensez pas à une autruche en tutu rose ». Votre cerveau est obligé de l’imaginer pour ensuite essayer de l’effacer.
- L’incapacité d’inhibition : Pour un jeune enfant, inhiber le geste (s’arrêter de courir) une fois l’image activée est extrêmement difficile sur le plan neurologique.
2. Changer de regard : du « provocateur » au « scientifique »
Nous avons tendance à interpréter les limites testées comme de la provocation. Le document propose une autre métaphore : celle du scientifique ou de l’explorateur. L’enfant vérifie la solidité des murs de sa maison. Il a besoin de savoir si le cadre est stable et si l’adulte est constant. Un adulte qui réagit toujours de la même façon (avec empathie, cohérence et fermeté) devient sécurisant.
3. La stratégie du « phare »
Pour sortir du conflit, le tableau suggère de devenir un Phare : stable, visible, rassurant, guidant l’enfant vers l’autonomie.
Voici les actions concrètes à tirer du tableau :
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Le connexion : Avant de corriger, connectez-vous. Montrez que vous avez compris ce qu’il ressentait ou ce qu’il voulait faire. Valider l’émotion permet de désamorcer le conflit en établissant la sécurité.
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Transformer les consignes : Remplacez les phrases négatives par des consignes positives d’action. Au lieu de dire ce qu’il ne faut pas faire, dites ce qu’il faut faire (ex: « Marche lentement » au lieu de « Ne cours pas »).
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La coopération au lieu de l’exigence d’obéissance : Le tableau souligne l’importance de la connexion (regard, toucher, intention) pour obtenir la coopération. On cherche à agir avec l’enfant, pas contre lui.
L’enfant a besoin de prévisibilité. Le monde est immense et parfois effrayant pour lui. En adoptant ces stratégies — non pas par laxisme, mais par compréhension de son développement neurologique — nous lui offrons la structure solide dont il a besoin pour grandir. Nous passons du rôle de « gendarme » à celui de « guide » ou de « phare » (et de figure d’attachement sécure).
BONUS : entraînez-vous à ne pas réagir. Faites une pause respiration de quelques secondes et dites-vous « je suis en sécurité » quand vous sentez l’énervement monter et les anciennes réactions de vos vieilles croyances pointer le bout de leur nez.





