Vers une parentalité « moi + nous » : Ce que le Dr. Dan Siegel souhaite que chaque parent sache
Dans une conférence captivante donnée à l’American Visionary Art Museum, le Dr. Dan Siegel, auteur à succès et psychiatre, nous invite à repenser la parentalité non pas comme une tâche isolée, mais comme un processus profondément ancré dans l’évolution humaine et la communauté. Voici les points clés de sa vision pour un « nouveau chemin à suivre ».
1. L’humain est fait pour l’alloparentalité
Contrairement à de nombreux autres mammifères où la mère s’occupe seule de sa progéniture, l’être humain a évolué grâce à l’alloparentalité (ou « co-parentalité » communautaire). Durant les deux derniers millions d’années, notre survie a dépendu de notre capacité à partager l’éducation des enfants au sein d’une communauté.
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Le principe : Les parents doivent pouvoir faire confiance aux autres membres du groupe pour s’occuper de leur enfant.
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Les critères de confiance : Pour ce faire, nous évaluons l’attention, la conscience et l’intention de l’autre .
2. Le « mindsight » : Voir l’esprit de l’autre
Pour que l’alloparentalité fonctionne, nous avons développé une capacité cruciale appelée le « mindsight » (ou « vue de l’esprit ») . Il s’agit de la capacité à percevoir la vie mentale intérieure (sentiments, pensées, intentions) de quelqu’un d’autre à travers son comportement. Selon le Dr. Siegel, cette capacité à « voir l’esprit de l’autre » a probablement précédé notre capacité à comprendre notre propre esprit.
3. L’intégration : la clé de la résilience
L’interaction entre le parent et l’enfant (comme l’harmonisation ou « attunement« ) façonne littéralement la structure du cerveau de l’enfant. C’est ce que le Dr. Siegel appelle l’intégration .
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Définition : L’intégration consiste à « honorer les différences et promouvoir les liens » .
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L’impact : Un cerveau « intégré » est la base d’une vie résiliente. C’est le prédicteur numéro un du bien-être . Cela permet la régulation émotionnelle, l’attention et la moralité.
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L’expérience : L’expérience n’est rien d’autre qu’un partage et un flux d’énergie et d’information.
4. Le danger de l’isolement moderne
Le Dr. Siegel pose un diagnostic sévère sur notre culture contemporaine : nous vivons dans une « société malade ».
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Nous avons perdu l’alloparentalité et vivons isolés.
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Cette déconnexion (de la nature et des autres) nous plonge dans un « état de menace ».
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Sous la menace, le cerveau humain régresse vers une distinction primitive « groupe d’appartenance vs groupe extérieur » (In-group / Out-group), source de racisme, de violence et de génocides .
5. La Confiance épistémique
Un concept fondamental abordé est la confiance épistémique . C’est la certitude que l’on peut se fier à ses figures d’attachement pour nous présenter la réalité telle qu’elle est. Si cette confiance est rompue, le développement mental de l’enfant est gravement perturbé. À l’échelle sociétale, la rupture de cette confiance crée un sentiment de menace généralisé.
6. Du « moi » au « MWe » (moi + nous)
Pour guérir cette société et offrir un meilleur avenir à nos enfants, le Dr. Siegel propose de redéfinir le concept de « Soi » .
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Le problème : Nous considérons souvent le « Soi » comme une entité isolée, enfermée dans notre corps.
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La solution : Intégrer le « Moi » (notre expérience intérieure différenciée) et le « Nous » (nos relations).
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Le concept « MWe » : Me + We = MWe . En enseignant aux enfants qu’ils sont à la fois des individus uniques et partie intégrante d’un tout, nous favorisons un sentiment d’appartenance et réduisons les comportements d’exclusion (« othering »).
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