Mon Échelle de Bien-Être : un outil pour accompagner les enfants TDAH
Pourquoi parler d’émotions dans le TDAH ?
Si vous vivez ou travaillez avec un enfant TDAH, vous le savez : les crises, les larmes, les explosions ne viennent pas « par caprice ». Elles viennent d’un cerveau qui ne dispose pas encore des outils pour réguler ce qu’il ressent.
La science est formelle : plus de 75 % des enfants TDAH présentent une dysrégulation émotionnelle significative — une difficulté neurologique à freiner les réponses émotionnelles intenses. Ce n’est pas une question de volonté, ni d’éducation.
La bonne nouvelle ? Avec les bons outils, les bons mots et le bon accompagnement, ces enfants peuvent apprendre à s’identifier, à se comprendre, et progressivement à se réguler.
L’outil : Mon échelle de bien-être
Cet outil visuel propose une échelle à cinq niveaux, du vert au rouge, représentant les états émotionnels que peut traverser un enfant TDAH tout au long de sa journée.
Sa force ? Pour chaque niveau, l’outil précise à la fois ce que l’enfant ressent et ce dont il a besoin.
Ce que dit la science
La dysrégulation émotionnelle, une réalité neurologique
Le cerveau TDAH fonctionne avec un déficit d’inhibition au niveau du cortex préfrontal (Barkley, 1997). Lorsqu’une émotion surgit, le « frein » cortical tarde à s’activer. La réaction est plus rapide, plus intense, plus difficile à contenir.
Le pouvoir de nommer les émotions
Mettre un mot sur une émotion réduit l’activité de l’amygdale, la zone du cerveau responsable de la réponse au stress (Lieberman et al., 2007). Nommer, c’est déjà réguler. C’est exactement ce que permet la colonne « Je me sens » de l’échelle.
L’approche « Zones of Regulation »
L’outil s’inspire du programme Zones of Regulation (Kuypers, 2011), un curriculum cognitivo-comportemental aujourd’hui utilisé dans plus de 40 pays. Son principe : enseigner aux enfants à identifier leur niveau d’activation et à mobiliser des stratégies adaptées.
Pour qui et dans quel contexte ?
- Les enseignants et AESH en classe
- Les parents à la maison
- Les éducateurs, thérapeutes, psychologues scolaires
- L’enfant lui-même, dès 6–7 ans, une fois la logique assimilée
Conditions optimales d’utilisation
L’outil est le plus efficace quand il est introduit dans un moment calme, jamais en crise. Il doit être appris et pratiqué régulièrement, et affiché dans un endroit visible et accessible à l’enfant.
Un outil bienveillant, pas un outil de contrôle
C’est là l’essentiel. L’échelle ne sert pas à juger, ni à sanctionner. Elle sert à communiquer. À dire sans mots : « Je vois que tu n’es pas bien. Voilà ce que je peux faire pour toi. »
Ce changement de regard — de la correction vers le soutien — est celui que prônent les neurosciences de l’éducation bienveillante (Gueguen, 2014) : lorsqu’un adulte répond avec empathie aux états internes d’un enfant, il favorise la maturation de son cortex préfrontal et renforce ses capacités de régulation à long terme.
Sources :
Barkley, R.A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions. Psychological Bulletin, 121(1), 65–94.
Kuypers, L.M. (2011). The Zones of Regulation. Think Social Publishing.
Lieberman, M.D. et al. (2007). Putting feelings into words. Psychological Science, 18(5), 421–428.
Gueguen, C. (2014). Pour une enfance heureuse. Robert Laffont.
ScienceDirect (2025). Validation d’une échelle de dysrégulation émotionnelle chez les enfants TDAH.


