Les multiples visages de la violence subie par les enfants en milieu scolaire

La violence ne se limite pas aux coups physiques. Elle revêt des formes multiples, parfois discrètes ou insidieuses, ce qui complique sa détection précoce. Nous vous proposons dans cet article basé sur le livre de Marie-Jeanne Trouchaud « La violence à l’école : Déceler et comprendre la souffrance de l’enfant et de l’adolescent pour mieux le protéger » d’explorer les différentes formes de violence ainsi que les signes qui peuvent alerter. 

ENSEMBLE nous pouvons développer l’empathie et l’écoute pour protéger nos enfants et modifier les comportements. Cet enjeu est crucial et nous sommes tous responsables (parents, enseignants, médias, …). 

Les différentes formes de violence

La violence psychologique et verbale est particulièrement répandue. Marie-Jeanne Trouchaud en propose une analyse dans son ouvrage La violence à l’école : Déceler et comprendre la souffrance de l’enfant et de l’adolescent pour mieux le protéger. Parmi ces formes, on retrouve notamment :

  • Les menaces et le chantage, qui installent un climat d’insécurité permanente et un profond sentiment d’impuissance.

  • Les injures et les moqueries, souvent liées au physique (poids, taille, cheveux), au genre ou à l’origine, parfois dissimulées derrière un prétendu humour ou des « jeux de mots ».

  • L’exclusion sociale, qui peut prendre la forme de phrases apparemment anodines comme « je ne te parle plus » ou l’interdiction d’accéder à un groupe, mais qui provoque une souffrance intense.

La violence physique et le racket

La violence physique est fréquemment banalisée, notamment sous l’influence des médias (jeux vidéo, bandes dessinées, séries, …). Le racket s’accompagne souvent de menaces, parfois avec l’usage d’armes, ou de l’intervention de groupes organisés.

La cyber-violence (ou humiliation numérique)

Les réseaux sociaux (Facebook, TikTok, Snapchat, etc.) sont utilisés pour diffuser des images ou des messages dégradants. La rapidité et l’ampleur de la diffusion rendent cette violence particulièrement destructrice et durable pour la victime. La pression ne s’arrête pas aux portes de l’école.

La dynamique de groupe et la « loi de la jungle »

Marie-Jeanne Trouchaud met en évidence les mécanismes qui poussent certains jeunes à exercer la violence ou à l’accepter :

  • Le besoin d’appartenance : pour éviter l’isolement, l’enfant peut se soumettre à des rites d’intégration dangereux (alcool, drogues, défis du type « même pas cap »).

  • La quête de réputation : il faut être perçu comme un « gagnant » pour ne pas être considéré comme « nul », ce qui instaure des rapports de force où l’on frappe pour ne pas être frappé.

  • L’effet de meute : la violence contemporaine est souvent collective et ciblée, un groupe s’acharnant de manière disproportionnée sur une victime désignée.

Pourquoi l’enfant se tait-il ?

L’enfant harcelé a tendance à dissimuler sa situation pour plusieurs raisons :

  • un sentiment de honte ou d’échec ;

  • la peur des représailles après des menaces ;

  • la volonté de protéger ses parents de ses propres difficultés ;

  • l’impression qu’aucune solution n’existe.

Les signes d’alerte : manifestations de stress

Puisque l’enfant ne verbalise pas toujours sa souffrance, les adultes doivent être attentifs aux changements de comportement :

  • Troubles physiques (somatisation) : maux de ventre, maux de tête, eczéma, asthme, troubles du sommeil ou de l’alimentation.

  • Changements émotionnels : irritabilité soudaine, agressivité envers les proches, pleurs fréquents.

  • Retrait social : passivité, isolement, désintérêt pour les activités habituelles ou baisse des résultats scolaires.

  • Signes directs : marques physiques (bleus) que l’enfant explique par des chutes ou des maladresses.

Analyse de fond : le rôle de l’école

L’école peut malheureusement augmenter les risques de violence dans un contexte de compétition et d’humiliation publique. La violence peut alors devenir un moyen de compenser l’humiliation : l’enfant qui ne parvient pas à se distinguer par ses résultats scolaires cherche alors à exister par la force ou l’agressivité. Il est donc important de rappeler que la violence a pour racine la souffrance. Agissons tous en coopération pour cultiver la paix. Chaque geste compte.

Il existe déjà de très nombreuses actions pour aider les enfants victimes de violence dans les établissements scolaires. Nous reviendrons bientôt sur ces initiatives pour favoriser leur diffusion. 

Merci à tous d’oeuvrer pour protéger les enfants et faire de ce monde un lieu plus sécure. 

 

Dans un  prochain article, nous aborderons des solutions concrètes pour accompagner les victimes. 

 

En attendant, voici quelques idées pour mettre en place des relais d’écoute dans les écoles. 

La permanence bien-être et les référents en écoute : 

Une fiche de détection de signes de présence de harcèlement :

Le harcèlement scolaire : une violence pas comme les autres

Une histoire dont les enfants sont les héros : 

Une histoire dont les enfants sont les héros (harcèlement)

Des actions concrètes à mener :

100 actions pour protéger les enfants

Des phrases à offrir à un élève en souffrance : 

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