« Les enfants réussissent s’ils le peuvent » : La philosophie qui change tout dans l’éducation
Face à un enfant qui pique une crise, qui refuse de faire ses devoirs ou qui a un comportement difficile, notre première réaction d’adulte est souvent la même : nous pensons qu’il le fait exprès. Nous nous disons : « Il ne fait pas d’efforts », « Il me teste » ou « Il cherche de l’attention ».
Cependant, le Dr Ross Greene, psychologue clinicien renommé, propose une approche radicalement différente qui pourrait bien être la clé pour apaiser les conflits et aider réellement les enfants en difficulté.
Voici pourquoi il est temps d’abandonner l’idée que les enfants réussissent « s’ils le veulent », pour adopter la conviction qu’ils réussissent « s’ils le peuvent ».
Le piège du « S’ils le veulent »
L’approche traditionnelle de l’éducation repose sur une croyance ancrée : « Les enfants réussissent s’ils le veulent ».
Selon cette logique, si un enfant a un mauvais comportement, c’est par manque de motivation. Il pourrait bien se tenir, mais il choisit de ne pas le faire. Par conséquent, notre rôle d’adulte se limite à une seule mission : lui donner envie.
Pour ce faire, nous déployons l’arsenal classique :
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Récompenses pour les bons comportements (tableaux d’étoiles, privilèges).
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Punitions pour les mauvais comportements (privation d’écran, isolement).
Le Dr Greene est catégorique : cette approche est souvent fausse. Il pose une question simple : Pourquoi un enfant choisirait-il volontairement d’échouer ? Pourquoi préférerait-il les cris, les pleurs et les punitions à la fierté et aux félicitations ?
Si un enfant a déjà envie de bien faire mais qu’il en est incapable, essayer de le « motiver » avec des punitions ne fera qu’aggraver sa frustration et détériorer la relation.
La révolution du « S’ils le peuvent »
La philosophie du Dr Greene, au cœur de la méthode de Résolution de Problèmes Collaborative, propose un changement de lunettes : « Les enfants réussissent s’ils le peuvent ».
Cette phrase, simple en apparence, change tout. Elle part du principe que tout enfant préfère réussir s’il en a la capacité. Si un enfant explose de colère ou refuse une tâche, ce n’est pas parce qu’il ne veut pas la faire, mais parce que quelque chose l’en empêche.
Il peut s’agir :
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D’un manque de compétences (gestion des émotions, flexibilité cognitive, communication).
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D’un obstacle situationnel qu’il n’arrive pas à surmonter.
Votre nouveau rôle : De gardien de prison à enquêteur
Si nous acceptons que l’enfant ferait bien s’il le pouvait, notre rôle d’adulte change du tout au tout. Nous ne sommes plus là pour forcer la main de l’enfant (le faire « vouloir »), mais pour l’aider à surmonter ce qui le bloque.
Nous passons du rôle de contrôleur (qui distribue les bons et mauvais points) à celui d’enquêteur bienveillant.
L’objectif n’est plus de dire : « Si tu ne te calmes pas, tu seras puni », mais de chercher à comprendre : « Je vois que c’est difficile pour toi. Qu’est-ce qui t’empêche de réussir en ce moment ? »
Pourquoi c’est important ?
Comme le souligne le Dr Greene, le plus grand cadeau que vous puissiez faire à un enfant difficile est d’être enfin la personne qui ne le juge pas sur sa motivation, mais qui cherche à identifier l’obstacle invisible qui se dresse sur sa route.
Tant que nous traitons un problème de compétence comme un problème de motivation, nous sommes dans une impasse. En adoptant la philosophie « Les enfants réussissent s’ils le peuvent », nous ouvrons la porte à l’empathie, à la résolution de problèmes et, finalement, à la réussite de l’enfant.
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