7 informations essentielles que les neurosciences nous apprennent sur l’éducation
Pédiatre de profession, Catherine Guéguen a exercé pendant de nombreuses années en s’appuyant, comme la plupart de ses confrères au XXe siècle, sur des intuitions pour conseiller les parents. Sa vision a radicalement changé avec l’émergence des neurosciences affectives et sociales au XXIe siècle. Émerveillée par ces découvertes sur le cerveau de l’enfant, elle est devenue l’une des figures majeures en France pour diffuser ces connaissances. Elle a notamment créé le premier Diplôme Universitaire (DU) dédié au soutien à la parentalité pour former les professionnels de la santé et de l’éducation.
Voici les 7 points majeurs à retenir de sa présentation :
1. Le cerveau de l’enfant est biologiquement immature Comme l’explique la pédiatre, jusqu’à 5 ou 6 ans, l’enfant est dominé par son cerveau archaïque et émotionnel. Son cortex préfrontal, qui permet de prendre du recul et de réguler les émotions, n’est pas encore mature. Une « crise » n’est donc jamais un caprice ou de la manipulation : c’est une tempête émotionnelle que l’enfant ne peut physiquement pas gérer seul.
2. Les mots blessants modifient physiquement le cerveau La maltraitance émotionnelle (les humiliations, les cris, les punitions ou les étiquettes comme « tu es méchant » ou « tu es nul ») n’a pas qu’un impact psychologique. Les études montrent qu’elle abîme concrètement le cortex orbitofrontal, c’est-à-dire la zone du cerveau responsable de l’empathie, du sens moral, de la prise de décision et de la régulation des émotions.
3. Le stress est un poison pour les neurones Face à la peur ou à l’humiliation, le cerveau de l’enfant sécrète du cortisol. À haute dose et de façon chronique, cette hormone du stress est toxique pour le cerveau en développement, freinant notamment les capacités d’apprentissage et de mémorisation en impactant l’hippocampe.
4. L’empathie est le meilleur moteur de développement À l’inverse du stress, une relation chaleureuse, soutenante et empathique déclenche la sécrétion d’ocytocine (la molécule de l’empathie). Le Dr Guéguen souligne que cette hormone apaise l’enfant et favorise le développement optimal de ses capacités intellectuelles et affectives.
5. La bienveillance n’a rien à voir avec le laxisme L’éducation empathique est souvent accusée de fabriquer des « enfants rois », mais la conférencière rappelle que c’est une profonde méconnaissance du sujet. Être bienveillant ne signifie pas tout laisser faire. L’adulte doit poser un cadre sécurisant, transmettre des règles et savoir dire « non » à un comportement inapproprié, mais il le fait sans humilier ni faire peur à l’enfant.
6. Les émotions sont des signaux biologiques Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, ce sont des réactions physiologiques automatiques. Catherine Guéguen insiste sur le fait qu’accompagner un enfant en l’aidant à mettre des mots sur ce qu’il ressent permet d’apaiser son amygdale (le centre d’alarme du cerveau) et de faire chuter son stress.
7. Les adultes ont aussi besoin d’être maternés et soutenus Pour pouvoir faire preuve d’empathie envers un enfant en pleine crise, un adulte doit lui-même être soutenu. Élever ou éduquer des enfants est l’une des tâches les plus complexes au monde. Le Dr Guéguen rappelle qu’il est crucial d’accompagner les parents et les enseignants avec bienveillance et sans culpabilité par rapport à leurs erreurs passées.
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