Pourquoi l’école est un cauchemar pour certains enfants

Aller à l’école peut être une véritable hantise pour de nombreuses raisons dont la principale est l’inadéquation des moyens car on se focalise trop sur une fin discutable…

Entendez pas là que la culture du résultat dans laquelle nous pouvons inclure les notes et les classements met une pression phénoménale sur les enseignants et sur les élèves. D’autant plus, si cette culture est relayée à la maison à coup de menaces, de comparaisons ou de prophéties négatives (« Tu dois travailler à l’école si tu veux réussir dans la vie. Tu n’as pas le choix. » « Tu veux finir dans la rue ? »).

Ainsi, l’élan naturel d’apprentissage des enfants est étouffé par la peur, qui, on le sait, sape la motivation et positionne le cerveau dans une configuration instinctive visant à la survie (attaque, fuite, sidération). État peu propice à un apprentissage volontaire et serein…

Il s’agit bien sûr de la peur d’échouer, d’être jugé ou encore de se trouver exclu d’un groupe à cause de nos différences (notamment une façon d’apprendre propre à chacun) .

Ainsi, les élèves participent peu, restent assis sans broncher, font semblant d’écouter même s’ils ont du mal à se concentrer et à décrypter ce qu’ils perçoivent. L’information descend de l’enseignant à l’élève mais n’est pas digérée et encore moins appréciée.

Comme l’écrit Catherine Dumonteil-Kremer dans son livre « Une nouvelle autorité sans punition ni fessée »,  l’école peut être génératrice de tensions, d’impuissance et de manque de confiance en soi et en ses intelligences.

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Le stress, ennemi numéro 1 du cerveau

Le stress altère l’hippocampe lieu de la mémoire et de l’apprentissage. En cas de stress, le cortisol sécrété dans le cerveau active l’amygdale, siège de la peur. L’enfant n’est plus capable d’écouter et d’apprendre. Si les situations stressantes perdurent, les neurones de l’hippocampe se multiplient moins et peuvent même se détruire. Il a été prouvé également que la maltraitance verbale et physique diminuait le volume de l’hippocampe.

Heureusement on peut réagir chacun à notre niveau pour favoriser l’apprentissage des enfants en éloignant le stress et la peur au profit d’émotions beaucoup plus agréables. Ceci passe par une approche plus « humaine ».

klimkin / Pixabay

Comment inverser la tendance et replacer le plaisir au centre des apprentissage ?

Daniel Favre, auteur de « Cessons de démotiver les élèves »nous donne quelques pistes :

  • Encourager les efforts sans se focaliser sur le résultat (voir la technique du stylo vert)
  • Pas de contrôle surprise car cela alimente un stress permanent
  • Impliquer les élèves dans le processus d’évaluation (par des auto-évaluations ou des corrections entre élèves)
  • Valoriser l’erreur : on peut recommencer. Une erreur n’est jamais définitive. L’important est d’apprendre.

Ajoutons les conseils de Catherine Gueguen dont les propos sont étayés par les neurosciences :

  • L’écoute, l’empathie, la bienveillance

Quand les enseignants sont empathiques et chaleureux, il y a sécrétion d’ocytocine qui est a l’origine de l’apparition de trois autres molécules : la dopamine, les endorphines et la sérotonine. Elles ont pour effet d’apaiser les enfants tout en les rendant plus attentifs, créatifs, motivés et heureux d’apprendre.
En effet, l’ocytocine favorise l’empathie et augmente le bien-être. La dopamine stimule la motivation, la créativité et le bien-être. Les endorphines contribuent au bien-être. La sérotonine stabilise l’humeur.
La bienveillance s’exprime : par une intention, par une attitude (regards, gestes, sourires, postures), par des mots (pas de critique), … chaque détail compte. Les enfants observent les signes verbaux et non-verbaux. Donc…renforçons nos intentions et pensées positives.

  • Le jeu

Ce qui donne de la joie à l’enfant est bon pour son développement cérébral : jouer, rire, s’amuser, grimper, courir sont indispensables et font maturer le cerveau. Une molécule appelée le BDNF est sécrétée et assure le bon développement du cerveau intellectuel et affectif. Cette molécule intervient dans la prolifération, la survie, la différenciation des neurones et leurs connexions.

A l’inverse, le stress diminue le BDNF cérébral.

 

  • La curiosité

Du point de vue neurologique, l’imagerie par résonance magnétique a révélé que l’activité du mésencéphale et du noyau accumbens était renforcée pendant des états de haute curiosité.

Plus important encore, le mésencéphale et l’hippocampe semblent dialoguer plus vivement.

Le mésencéphale régit des fonctions élémentaires comme l’attention tandis que le noyau accumbens joue un rôle important dans le système de récompense, le rire, le plaisir.

L’hippocampe joue un rôle central dans la mémoire. Bref, la curiosité rend heureux et facilite l’apprentissage.

 

Inspiration et outils

Pour compléter cet article sur une réflexion sur le plaisir d’apprendre voici une boite à inspiration ainsi que des outils :

 

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