Les ordres et les cris bloquent les enfants

C’est un billet un peu personnel que j’écris aujourd’hui car j’aimerais que toute personne qui s’adresse à un enfant prenne conscience que les cris et les ordres sont paralysants et ne contribuent pas à l’apprentissage. Comprenez qu’ils génèrent du stress via la sécrétion de l’hormone que l’on nomme cortisol.

Cette hormone attaque les neurones dans le cerveau des enfants, allant jusqu’à les détruire (voir cette vidéo).

Lorsqu’on crie sur un enfant, on s’attend à ce qu’il change de comportement en s’appuyant sur la peur et la surprise, des émotions qui déconnectent le cortex préfrontal. C’est ce cortex préfrontal qui permet d’apprendre. Lorsqu’on enfant semble suivre un ordre ou un cri, il ne réfléchit pas en réalité. Il se soumet et se conditionne.

Franchement, aimez-vous que l’on vous gueule dessus en tant qu’adulte ? J’espère que non.

Vous sentez-vous agressé ? Avez-vous envie de collaborer ou de vous défendre quand c’est le cas ? Et si vous ne pouvez pas vous défendre, à quel niveau tombe votre estime personnelle ?

C’est l’autre pan de cette communication par vociférations et ordres : un enfant sur lequel on crie a des blessures psychologiques et une estime de soi basse.

 

Enfin, demandons-nous quel modèle de communication nous souhaitons leur transmettre : souhaitons-nous qu’ils crient et humilient leurs semblables ? qu’ils nourrissent des sentiments négatifs envers les adultes et réagissent avec dureté ?

 

Donc, résumons :

En classe ou à la maison, lorsqu’on crie ou on donne des ordres, ce n’est pas qu’une expression de notre colère, c’est aussi une agression biologique et psychologique des enfants.

 

Si on souhaite que des enfants changent de comportement, apprennent et collaborent, appuyons-nous plutôt sur leur cortex préfrontal en construction et apaisons leur cerveau émotionnel  :

  • écoutons ce qu’ils ressentent et aidons-les à poser des mots sur leurs émotions
  • répondons à la question : qu’est-ce qui a déclenché ce comportement ? quel est le besoin non satisfait ?
  • parlons-leur doucement, calmement et avec bienveillance.
  • donnons des consignes et des règles en veillant à ce qu’elles soient comprises plutôt que des interdits.
  • sourions
  • encourageons leurs efforts
  • remarquons ce qu’ils parviennent à faire avec succès
  • offrons des choix pour favoriser l’autonomie et l’apprentissage de la réflexion

Pour parvenir à cela, la première étape est d’être bienveillant envers soi-même, d’acquérir des techniques pour calmer notre propre colère, de demander de l’aide si nécessaire et de croire en cette nouvelle approche beaucoup moins anxiogène pour tous (des outils ici).

 

Peut-on procéder ainsi dans une classe à 20/30 élèves ?

Oui, et c’est encore plus pertinent car au lieu d’imposer une politique de la terreur, on propose de l’empathie qui se transmettra d’un élève à l’autre, facilitant les ajustements de comportement en autonomie.

Car, même si les cris visent leurs camarades et non eux, ils entendent et ressentent la peur, la tristesse et le stress, s’attendant à ce que leur tour arrive…

Pire, crier entraine une surenchère liée à une sorte d’accoutumance et le désir de défier et de se rebeller peut grossir en conséquence pour les élèves plus âgés. Il est temps de stopper cette spirale néfaste et de cultiver de meilleures valeurs humaines.

 

La bienveillance appelle la bienveillance.

La malveillance appelle la malveillance.

 

Une idée : méditer

Méditer dans la classe ou à la maison permet de gérer de mieux en mieux les émotions, de baisser le niveau de stress et de développer l’empathie et la bienveillance.

Pour pratiquer la méditation, le matériel de base est la respiration. Une séance par jour de 5 à 10 minutes produit déjà beaucoup d’effets bénéfiques (méditation à tester ici).

 

Autre idée : pratiquer la communication non violente (voir cet article).

A lire :

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