Le secret pour ne pas crier (même quand vous avez eu une mauvaise journée)

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Le secret pour ne pas crier quand vous avez eu une mauvaise journée…

Je vous invite à découvrir un excellent article issu du blog Aha ! Parenting intitulé «The secret of NOT Yelling When You’re Having a Bad Day» traduit par Magali avec l’aimable autorisation de Dr Laura Markham.

Question :

Cela fait un moment que je travaille sur moi pour ne pas crier sur mes enfants. Mais c’est plus fort que moi. J’explose, et après je culpabilise. Je sais que ce n’est pas réellement la faute de mes enfants. C’est juste moi qui suis de mauvaise humeur. Est-il possible d’arrêter de crier ? Quel est le secret ? 

Nathalie.

 

Réponse de Dr Laura Markham :

Le secret est la compassion.

Envers votre enfant, évidemment, mais avant tout envers vous-même. Il est impossible d’être réellement bienveillant quand on est stressée, vidée, quand on a le sentiment de ne pas être à la hauteur. Une fois que vous vous sentirez un peu moins tendue, vous serez capable de réfléchir de façon plus posée, et de réagir de façon plus détendue afin de mieux gérer la situation, quelle qu’elle soit. Et sans crier.

Quand vous êtes d’humeur irritable, il n’y a aucune raison d’avoir honte, ou de vous sentir coupable. Vous êtes juste humaine. Nous avons tous des mauvais jours. Envisagez votre irritabilité comme un voyant rouge sur le tableau de bord de votre voiture. Quand vous le remarquez, que faites-vous ?

A) Vous redoublez d’efforts pour contrôler votre enfant, même si cela vous donne la migraine et vous pousse à hurler ?
B) Vous vous flagellez parce que vous êtes vraiment trop nulle ?

C) Vous arrachez le fil pour que le voyant arrête de clignoter et vous allez boire un verre ? (Ce qui est exactement comme de ravaler votre mauvaise humeur en espérant que ça va la faire disparaître.)

D) Vous appréciez l’avertissement et vous en profitez pour faire le point : « que puis-je faire pour retrouver ma sérénité afin d’être bienveillante avec mon enfant ? »

Vous ne serez pas surpris(e) d’apprendre que la bonne réponse est D. Cette mauvaise humeur que vous ressentez est le signal qu’il est temps de faire un peu de maintenance. Si vous ne vous occupez pas immédiatement de vous, il y a des chances pour que vous finissiez par craquer et par exploser au visage de vos enfants.

Donc, les jours où vous constatez que vous êtes de mauvaise humeur :

  1. Arrêtez. Prenez du recul (par rapport à la situation). Respirez. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de véritable urgence. Respirez profondément afin de vous ancrer dans le présent et ne pas vous laisser emporter par vos émotions. Maintenant, vous pouvez choisir la façon dont vous souhaitez agir.
  2. Ne laissez pas la colère vous dicter votre conduite. Vous éprouvez le besoin urgent d’agir, mais cela indique seulement que vous êtes passé(e) en mode « lutte ou fuite ». (C’est votre signal, le voyant rouge qui clignote.) Si votre enfant a un comportement inapproprié, posez les limites dont vous avez besoin en faisant preuve d’un maximum de patience. Mais résistez au besoin de le punir ou de le réprimander. Mieux vaut réserver la leçon que vous avez besoin de lui inculquer pour plus tard, quand vous serez calme. Les enfants ne peuvent pas apprendre quand ils sont bouleversés et, si vous l’êtes, ils le seront aussi. La meilleure chose que vous puissiez enseigner à votre enfant à ce moment précis est l’autorégulation, et vous le faites en lui montrant l’exemple.
    Chaque fois que votre lobe frontal parvient à passer outre votre tumulte émotionnel, vous recâblez votre cerveau, et il devient alors plus facile de vous autoréguler. Et chaque fois que vous accueillez ces émotions, que vous les acceptez sans vous laisser aller à réagir, vous soignez de vieilles blessures, ce qui vous permettra de partir de moins en moins souvent au quart de tour. Il y aura donc moins de conflits, et plus d’amour.
  3. Faites appel à toute la compassion dont vous êtes capable et accordez-vous l’attention dont vous avez besoin. Nous avons tendance à penser que nous devons attendre que quelqu’un d’extérieur prenne soin de nous. Mais accompagner nos enfants avec bienveillance implique que nous apprenions à le faire pour nous-même. Le parent aimant dont vous avez besoin dans ces moments-là est en vous. Devenir adulte signifie savoir prendre soin de soi, afin de se comporter en adulte quand notre enfant se comporte en enfant. Alors faites-vous un câlin (pour de vrai).
    Demandez-vous : Que pourrais-je faire, là, tout de suite pour être à nouveau plein(e) d’amour et serein(e) ? Puis, faites-le. Vous avez besoin d’opérer un gros changement, de dormir davantage, ou de faire du sport… faites le nécessaire pour répondre à ce besoin. Et si ce n’est pas possible tout de suite (comme, par exemple, vous coucher tôt ce soir), promettez-vous par écrit de le faire, placez le papier en évidence et tenez votre promesse.

Toujours de mauvais poil ? Rassemblez vos enfants, prenez-les dans vos bras et dites-leur : « Je suis désolé(e), mais je suis grincheux (se) aujourd’hui. Je vais essayer d’être attentionnée avec moi-même, afin de ne pas être désagréable avec vous… Pouvez-vous essayer d’être attentionnés avec moi, vous aussi ? Je promets d’aller me coucher tôt ce soir (ou toute autre chose dont vous avez besoin) afin de ne pas être à nouveau grincheux (se) demain. »
Les enfants apprennent beaucoup ainsi : ils apprennent à se réguler et à faire preuve d’empathie. Vos enfants sentent quand vous êtes stressé(e) et déconnecté(e), et cela entraîne chez eux des comportements indésirables. Souvent un câlin leur permettra à eux aussi de revenir à de meilleures dispositions. Bien sûr, ils oublieront ce que vous leur avez dit et ils tireront sur la corde, mais ils le feront moins que d’habitude. Qui plus est, grâce au fait que vous ayez assumé votre irritabilité, ils n’auront pas le sentiment d’être mauvais.
Quand vous sentez que vous commencez à élever la voix, vous pouvez vous arrêter, respirer et dire : « Désolé(e), c’est mon irritabilité qui parle… reprenons à zéro… voilà ce que je voulais dire… Mon chéri, j’ai vraiment besoin de calme, là tout de suite… comment pourrait-on faire ? Pourrais-tu aller dehors pour jouer à ce jeu ? »
Que faire si vous êtes régulièrement irritable ? Faites vœu de ne plus crier… Engagez-vous publiquement à utiliser un ton respectueux. Mettez-vous d’accord sur un signal à utiliser par toute la famille quand le ton de l’un des membres devient agressif. Puis, dès que vous dérapez, ARRÊTEZ et dites « Oups… Reprenons à zéro… Respirons ensemble dix fois… OK, essayons à nouveau. Ce que je voulais dire… »
Bien entendu, si vous êtes irritable tous les jours, c’est un signe que vous devez changer quelque chose dans votre vie. Je vous encourage alors à aller chercher de l’aide auprès de personnes qui vous permettront d’opérer ces changements. Vous méritez d’être bien dans votre vie. Et vos enfants méritent le meilleur de vous, non pas ce qu’il reste de vous.

Cliquez ici pour voir la vidéo en anglais du Docteur Laura Markham : How Parents Can Stop the Cycle of Yelling.

 

Source : The secret of NOT Yelling When You’re Having a Bad Day

Magali BeiramarMagali : « Je suis maman d’un jeune garçon en IEF, convaincue par la communication non violente, et plus particulièrement la parentalité positive. C’est en faisant qu’on apprend, aussi j’essaye de pratiquer autant que possible, et d’avancer dans mes réflexions grâce à ceux qui ont écrit sur le sujet. À ceux déjà cités par Jeff, j’ajouterais Lawrence J.Cohen, Laura Markham, Thomas Gordon, Catherine Dumonteil-Kremer et John Holt (pour sa réflexion sur l’apprentissage), sans oublier tous ceux qui partagent leur expérience via le net. Je gagne ma vie en étant traductrice, aussi quoi de plus naturel que d’utiliser mes compétences pour permettre à d’autres personnes de découvrir les écrits des anglophones sur le sujet. »

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Dr Laura Markham est l’auteure de « Peaceful Parent, Happy Kids« , un livre qui mériterait une traduction française !

Peaceful parent

 

 

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