La meilleure façon d’encourager un enfant !

La meilleure façon d’encourager un enfant est… de décrire avec des mots ce que vous observez sans juger.

Sans juger ?

Oui, en effet. Lorsque nous jugeons, nous soumettons à l’enfant notre interprétation de son expérience, le privant de sa propre vision et estimation (et au final de sa motivation intrinsèque). C’est scientifiquement très peu efficace et épanouissant.

Epanouissant ? Oui. Car le but d’un encouragement est bien d’aider à l’apprentissage, au dépassement de soi, à l’embellissement de l’humeur et/ou à la réitération d’un acte. Or, cet acte se reproduit d’autant plus facilement que l’enfant (ou nous adultes) ressentons du plaisir.

Mais, m’objecterez-vous peut-être, quand je dis « c’est bien » à mon enfant, il ressent du plaisir.

Et vous aurez raison…sur le moment. Mais pensons (et l’enfant y pense, lui) à l’autre pan du « bien », en l’occurence « mal » ou « pas bien » (à proférer avec les gros yeux pour exprimer la sévérité).

Et demandons-nous que cherchera à éviter l’enfant lorsqu’il aura commis une « faute » (de notre point de vue) et qu’il guettera dans vos yeux et votre attitude les traces de votre tout-puissant avis. Sera-t-il heureux d’être sanctionné d’un « pas bien » parfois crié ou encore d’un « c’est très mal » ou pire « tu es vilain ». Comprendra-t-il les rouages de ce jeu de pouvoir ou le fonctionnement de cette étiqueteuse verbale ? Nan.

Il apprendra des ruses pour éviter cette mauvaise expérience source de stress. Parmi les ruses : le mensonge, bien sûr.

Ce n’est pas tout. Quand on impose un jugement à un enfant, on alimente le bagage d’un truc que l’on nomme le très freudien sur-moi. C’est cette petite voix dans notre tête qui radote, critique, évalue…sans proposer de solution tout au long de notre vie.

De plus, quand on juge quelqu’un, il nous imite bientôt (envers lui et les autres) et il s’attend à être jugé à son tour. C’est le cercle vicieux. Celui qui fait naître la PEUR du jugement et la tendance à la comparaison.

Bref, un jugement n’est pas la meilleure façon d’encourager sauf si nous cherchons à conditionner…comme nous l’avons été… mais c’est un autre débat.

Heureusement, on peut se dé-conditionner et remplacer cette habitude de juger. Car au fond, il ne s’agit que d’une habitude et elle peut donc être remplacée. Ô joie !

(Début de la tirade)Car, lorsqu’on ne juge plus, le monde reprend des couleurs (philosophiquement et métaphoriquement), les couleurs que chacun porte en lui et non celles que l’on nous impose de force. Quand on a le pinceau, les tubes de peinture et la feuille intitulée « ma vie » nous sommes inspirés et motivés, non ? Nous nous sentons responsables et engagés ! (fin de la tirade)

 

Passons donc à la boite à outils pour remplacer le jugement :

  • la description sans juger de ce que nous renvoient nos sens : « je vois que tu as enlevé tes chaussures » « j’ai remarqué » tes efforts »
  • la communication non-verbale : un pouce en l’air pour dire ok + un sourire
  • la photo valorisante : « je peux prendre en photo ce que tu as fait ? »
  • la gratitude : « merci de m’avoir aidé à rentrer les courses »
  • la phrase descriptive + émotion+message « je » : « j’aime te regarder… (dessiner, courir, ranger tes chaussures) »

Et donc à éviter :

 

Est-ce simple de ne pas juger ?

Non. Cela demande un véritable entrainement. A ce propos, la pleine conscience aide beaucoup.

 

Le mot de la fin

Ajoutons une vertu à la description de ce que nous observons : elle facilite la mémorisation chez l’enfant. En effet, il se repasse le film de ses actes en les entendant d’un point de vue extérieur.

 

Section sciences :

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