4 émotions fondamentales à l’origine des comportements des enfants

 

« Non, décidément, l’enfant ne le fait pas exprès pour agacer ou perturber ou faire peur à son parent ! Il s’émeut pour répondre à ses besoins (de sécurité, d’identité ou de sens) sur le moment, bien évidemment ; mais aussi en différé, quand la mémoire d’un épisode douloureux refait surface ou encore dans la projection d’un épisode futur. » nous explique Catherine Aimelet-Perissol dans son excellent livre « Emotions, quand c’est plus fort que lui« .

Ceci nous permet de distinguer l’émotion, qui se vit sur l’instant, de l’émotivité, qui s’est installée sur le long terme.

L’immédiateté de l’émotion la rend incontrôlable pour l’enfant. Son comportement l’est tout autant car il répond à un réflexe instinctif de survie qui prend sa source dans l’inconscient pour affluer ensuite vers le conscient.

L’enfant qui ressent une émotion EST cette émotion. Son corps et son esprit sont marqués par la « coloration défensive » liée à la fuite, la lutte, le repli ou la recherche de plaisir.

 

 

© »Emotions, quand c’est plus fort que lui » de Catherine Aimelet-Périssol

Les expériences non-conscientes proviennent des épreuves corporelles (la naissance, les maladies, les traumatismes) et des épreuves relationnelles et psychiques (conflits, séparations, échecs,…).

Ainsi, des situations passées où la peur a permis de rester en sécurité façonnera des comportements réflexes de fuite car la stratégie fut efficace. L’enfant s’attache même à cette peur salvatrice et voit le monde à travers son filtre.

« Voilà comment s’installe l’anxiété. À force d’utiliser ce même schéma, l’enfant développe des habitudes cognitives et comportementales d’évitement. Au nom de sa sécurité, il cherche à éviter tout problème, tout conflit, tout danger. »

Les émotions du moment conditionnent les réactions à venir.

L’auteure nous offre un tableau pour mémoriser et comprendre ce lien entre émotions, mécanismes en place et les habitudes qui s’installent :

L’auteure propose même un test pour déterminer quelles émotions se sont durablement installées chez nos enfants et les façons de les accompagner au mieux.

Retenons que l’empathie est l’outil numéro 1 dans cette approche, que les parents doivent d’abord s’occuper de leurs propres émotions et qu’il faut absolument éviter les pistes suivantes (utilisées souvent involontairement):

  • Nier l’émotion ou l’événement : « N’aie pas peur, arrête d’y penser. »
  • Dédramatiser : « Tu as peur pour rien, le prof n’est pas un monstre non plus ! »
  • Dramatiser à excès : « Comme tu dois souffrir ! Oh ! là, là ! c’est très grave ! »
  • Chercher des solutions à la place de l’enfant : « Je vais demander à ton prof d’être plus gentil avec toi. »
  • Donner des ordres (qui peuvent avoir l’air de conseils) : « Moi, à ta place, je me ferais tout petit pour éviter qu’il m’interroge. »
  • Victimiser l’enfant : « Ce prof est extrêmement méchant ! »
  • Culpabiliser l’enfant : « C’est de ta faute ! Tu ne travailles pas assez ton solfège… »
  • Surenchérir : « Montre-lui que tu es le plus fort, que rien ne te fait peur ! »
  • Juger : « C’est nul d’avoir peur, tu es grand, tu ne dois pas pleurer. »

Source : « Emotions, quand c’est plus fort que lui ! » de Catherine Aimelet-Périssol

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