Le lâcher-prise parental : un grand pas vers l’autonomie de l’enfant

Vous aviez été nombreux à apprécier l’article consacré au lâcher-prise avec une méthode en 4 étapes. Beaucoup de parents ont dû penser : « mais c’est impossible pour nous ! Si nous lâchons prise, nos enfants feront ce qu’ils veulent ! Ou se mettront en danger ! »

Vous imaginez bien que si c’était le cas, je ne me permettrais pas d’aborder le sujet ici. Lâcher-prise ne signifie pas laxisme et inconscience.

lâcher prise parental

Alors de quoi s’agit-il ?

Le lâcher-prise en tant que parent est le fait de s’avouer que nous ne pourrons pas toujours être là à veiller sur nos progénitures pour leur éviter de souffrir.

Lâcher prise c’est constater que même en étant là à veiller, nos enfants ont des accidents et connaissent la tristesse ou la peur.

Lâcher prise, c’est arrêter de craindre le pire, abandonner l’habitude de vouloir tout contrôler et de culpabiliser lorsque quelque chose de douloureux se produit.

Lâcher prise, c’est ne pas surprotéger afin que l’estime de soi de l’enfant se construise à force d’efforts, d’échecs et de réussites.

Lâcher prise, c’est stopper cette tendance à donner des ordres comme « fais ci », « fais ça » pour laisser l’enfant chercher, tester et trouver.

Lâcher prise, c’est ne pas transmettre la peur irrationnelle d’agir qui empêchera l’enfant d’explorer le monde et ses propres limites.

Lâcher prise, c’est faire confiance en la capacité d’un enfant à tester ses solutions pour parvenir à ses fins.

Lâcher prise, c’est aimer, car l’autonomie est un formidable cadeau.

Lâcher prise, c’est souffler aussi en déléguant des tâches qui valoriseront les enfants qui ont un besoin précieux : se sentir utile.

 

Oui, mais…lâcher prise, c’est difficile car les habitudes et les croyances sont solidement ancrées.

 

Pré-requis au lâcher-prise :

  • Le pré-requis le plus important est la sécurité. Si une tâche que s’apprête à faire un enfant est dangereuse, stoppez-le. Expliquez-lui que son intégrité physique est en jeu et qu’il est hors de question de prendre ce type de risque.

Les règles de sécurité sont à afficher, compléter et à commenter régulièrement. Ce document de l’INPES contient de nombreuses informations sur ce thème.

  • La meilleure manière d’apprendre à faire quelque chose est d’imiter. C’est ce que permettent les neurones miroirs, dont le fonctionnement est détaillé dans cette vidéo. Nos enfants imitent ce qu’ils voient, entendent, etc.

C’est pourquoi, souvent, nous n’avons pas à leur expliquer des concepts auxquels ils se sont auto-formés en nous observant (ou en regardant les personnes dans leur entourage). Donc, partons du principe que les enfants en savent beaucoup plus que ce que nous voulons le croire.

Quoi qu’il en soit, le lâcher-prise n’est pas un acte inconscient. On ne peut pas partir du principe que les enfants savent et ont compris tout ce qu’ils nous ont vu faire ou dire. De plus, ils ont pu être spectateurs de mauvais exemples… Il est donc nécessaire de classer les expériences en plusieurs catégories :

– celles qui ont déjà été réalisées par l’enfant .

– celles qui ressemblent fortement à celles qui ont été réalisées par l’enfant.

– celles que l’enfant ne peut pas réaliser car cela dépasse ses capacités physiques et mentales (conduire une voiture, monter à cheval, résoudre un problème de mathématiques de niveau supérieur, parler une autre langue,…).

– celles que l’enfant peut réaliser mais qu’ils n’a encore jamais faites.

 

Les deux premières catégories impliquent que les parents laissent l’enfant s’exercer sans se substituer.

La deuxième nécessitera un travail de réflexion de l’enfant. Tant mieux. Il s’appuiera sur son expérience et son astuce pour s’en sortir.

La troisième réside sur une approche particulière. En effet, si l’enfant veut essayer, il faut lui laisser faire la partie de chemin qu’il peut parcourir seul et le guider ensuite pour qu’il comprenne qu’il lui manque des éléments pour continuer.

Ainsi, vous accompagnerez votre enfant devant le cheval où il constatera qu’il est trop petit pour le chevaucher.

La quatrième catégorie vous place dans le rôle de guide-formateur. On oublie ici le lâcher-prise et on procède en 3 parties : montrer, faire ensemble et laisser faire. Si ces étapes se déroulent correctement, l’enfant a acquis un nouveau savoir-faire. Il devra s’exercer pour le maitriser. Vous répondrez tout d’abord à toutes les questions qu’il vous posera puis vous lâcherez progressivement prise (en utilisant le deuxième réflexe plus bas).

 

Les 6 réflexes du lâcher-prise

Le premier réflexe de lâcher-prise est de ne pas se substituer à un enfant lorsqu’il est capable de faire quelque chose.

Ainsi, nous sommes nombreux à prendre la parole à la place de nos enfants quand quelqu’un leur pose une question. Je l’ai encore constaté aujourd’hui. Une personne âgée demandait à un garçon qui devait avoir 7 ou 8 ans si la reprise scolaire s’était bien passée, si les vacances avaient été bonnes, etc. A chaque fois, la mère du garçons répondait si bien que l’enfant finit par se désintéresser de l’échange, visiblement frustré.

La mère avait probablement peur que son fils s’exprime mal, ou bafouille,…elle se serait alors senti honteuse face au possible jugement de la personne âgée.

Comment cet enfant pourra-t-il s’améliorer si on lui ôte des occasions de s’exercer ?

Ce premier réflexe se résume avec cette citation de Haim Ginott : « on les aide davantage en ne les aidant pas. »

 

Le deuxième réflexe de lâcher-prise est de questionner l’enfant qui nous interroge : « Je mets quoi demain pour m’habiller ? » « Comment je pourrais faire pour résoudre ce problème de math ? »

A cela, il est important de demander à l’enfant son avis : « qu’en penses-tu ? » « selon toi, quelle est la meilleure solution ? ».

Je comprends que ce ne soit pas évident pour nous, adultes expérimentés, surtout si nous avons la réponse à la question, cette réponse qui permettrait de gagner tellement de temps et d’efforts !

Quand nous répondons par une question à une question, on permet à l’enfant de réfléchir, d’écouter ses émotions, de prendre une décision, de tester et de recommencer, jusqu’à trouver une solution. Ce cheminement contribue à renforcer l’estime de soi.

Ce sont les échecs qui apportent le plus dans la vie.

 

Le troisième réflexe est d’encourager et de rappeler les réussites passées : « je te fais confiance pour trouver une solution. », « Tu n’as pas encore réussi et je vois qu’il te reste encore de l’énergie et des idées pour y arriver. », « tu as rencontré les mêmes difficultés lors de ta dernière épreuve et tu as quand même réussi. » « Tes efforts vont porter leur fruit. »

Une autre façon de procéder pour encourager est de tenir avec l’enfant un cahier des réussites où vous pourrez même noter les stratégies et astuces employées.

 

Le quatrième réflexe est de travailler sur l’intelligence émotionnelle de votre enfant. Pourquoi ? Car l’enfant doit avoir confiance en ce qu’il ressent. Les émotions sont des guides. Je vous invite à vous servir des outils présents ici et de lire cet article à ce sujet.

 

Le cinquième réflexe est de déléguer des tâches du quotidien à nos enfants : car ils aiment être et se sentir utiles. Ces tâches ne sont pas dévalorisantes. Ce sont des expériences valorisantes car vous leur faites confiance et ces tâches contribuent au bon fonctionnement de la maison. Exemple : mettre la table, laver les vitres, aider à ranger, essuyer la vaisselle, plier le linge,… Tout cela renforce l’autonomie et la confiance en soi de l’enfant et le fait se sentir « grand ».

 

Le sixième réflexe est d’apprendre à se relaxer et à maitriser nos ruminations mentales. Cliquez sur les liens pour vous y entrainer.

 

 

Inspiration pour cet article :

L’excellent « Parents épanouis, enfants épanouis » d’Adele Faber et Elaine Mazlish.

 

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