« J’aime pas les légumes » : les clés pour comprendre les préférences alimentaires des enfants

 

Pourquoi les enfants ne mangent-ils pas spontanément des légumes ? D’où viennent les préférences alimentaires ? Comment faciliter les repas ? Je vous propose un passionnant panorama et des conseils basés sur l’excellent livre « la vie secrète des enfants ». Bon appétit ! 🙂

 

L’attirance pour le sucre et le gras

Les enfants (et les adultes) sont attirés spontanément vers les aliments sucrés ou gras. C’est une tendance qui vient de l’évolution. Cette catégorie d’aliments offre en effet un apport nutritionnel élevé qui fournit de l’énergie à notre corps et à notre cerveau.

Gourmand en énergie et ne possédant que peu de réserve, le cerveau a donc besoin de glucose (du sucre) et d’oxygène. Il oriente donc naturellement l’attention et la consommation vers ces sources de sucre…jusqu’à l’excès synonyme de sur-stimulation (hyperactivité) et de maladies.

Regardez cette intéressante vidéo sur le sujet du sucre (sous-titre en français disponible) :

Par opposition, les légumes n’apportent que peu d’énergie malgré leurs nombreux bienfaits. Ils ont donc rarement la préférence « instinctive » des enfants. Leur goût est aussi un frein : amertume, acidité,… synonyme de toxicité sur le plan de l’évolution de notre espèce.

Ce facteur « risque/goût » explique aussi pourquoi les enfants (et nous) préférons les aliments pauvres en goût comme les pâtes ou le riz.

En grandissant, nous apprivoisons progressivement ces goûts.

 

Les préférences alimentaires s’installent 2 mois avant la naissance

Les papilles de la langue apparaissent dès la 7 ème semaine de grossesse. Le développement du goût débute donc in utero. Le foetus, 2 mois avant le terme, présente déjà des préférences alimentaires que l’on constate par le rythme de succion du liquide amniotique en fonction de ce qu’il apprécie dans l’alimentation de sa mère.

Ces préférences perdurent à la naissance. Notons aussi que le bébé sera attiré par les odeurs et saveurs auxquelles il a été exposé in utero et lors de l’allaitement. Ces goûts resteront dans sa mémoire.

 

La peur de certains aliments

Vers l’âge de 2 ans, une phobie alimentaire peut apparaitre. C’est au moment où l’enfant mange seul. Une méfiance apparait parfois, voire une peur car l’enfant prend conscience que c’est maintenant lui qui est responsable de ce qu’il donne à son corps.

Autre raison possible : la forme des aliments qu’il consommait jusque là change. La présentation des plats peut aussi le perturber (un simple brin de persil dans un plat qu’il aimait va le rebuter).

Un autre point mérite d’être souligné : vers 2/3 ans, l’enfant s’affirme. Le choix de ce qu’il consomme contribue à la définition de sa personnalité.

 

Doit-on obliger un enfant à terminer son assiette ?

« La plupart des enfants ont la capacité spontanée à autoréguler leur appétit. »

Ils ajustent donc les quantités dont ils ont besoin car ils perçoivent leur degré de satiété (faim).

Si nous les forçons à finir leur plat, ils perdent peu à peu cette acuité et se déconnecte de leurs sensations.

Cette perte de repères peut entrainer des troubles alimentaires sur le long terme.

Une des façons de respecter et préserver leur perception de faim est de les laisser manger la quantité qu’il souhaite, de leur proposer des parts adaptées, quitte à ce qu’il redemande si ce n’était pas suffisant.

De cette façon, on évite aussi le gaspillage alimentaire.

 

Synthèse de conseils sur les repas

1- S’appuyer sur les sens (vue, odorat, toucher, ouïe) : on mange avec tous les sens, d’où l’intérêt de favoriser leur sollicitation chez l’enfant.

2- Ne pas forcer l’enfant à finir son assiette : voir plus haut.

3- Encourager à goûter : C’est en présentant plusieurs fois un aliment qu’il finit par être adopté et apprécié par l’enfant. Veillons cependant à respecter ses goûts.

4- Favoriser une ambiance conviviale : crier, s’énerver, menacer,…bloque la faim. L’idée est donc de favoriser le plaisir d’être ensemble et de manger sans contrainte. Sourions !

5- Eviter le chantage alimentaire ou les punitions : ces violences éducatives créent un conditionnement en associant les repas à des émotions désagréables . De plus, l’enfant perd la notion de ce qu’il ressent vraiment et se déresponsabilise, perdant en autonomie et en confiance en soi.

6- Emmener l’enfant au marché, cuisiner ou faire du jardinage : un enfant impliqué dans la chaine de l’alimentation sera plus engagé et goûtera plus volontiers. Apprendre à connaitre les légumes et leurs origines aident à les aimer.

7- Développer le vocabulaire : au lieu de « c’est bon/ ce n’est pas bon », encourager l’enfant à décrire ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qu’il imagine,…

8- Proposer des choix : impliquer un enfant dans les décisions est valorisant pour lui. Il peut choisir une recette, une présentation, un mélange, une quantité,…Ces choix sont limités (maximum 3) à chaque fois.

9- Jouer : on peut imaginer des recettes farfelues, dessiner un visage avec de la purée, chanter, faire parler les aliments,… le jeu apporte des émotions agréables à tous.

 

Source : « La vie secrète des enfants » d’Edouard Gentaz, Solange Denervaud, Léonard Vannetzel

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