Est-il pertinent de féliciter un enfant ?

il me chercheDoit-on féliciter un enfant ? On est en droit de se poser la question en effet. Car au fond, nous avons peut-être souffert de n’avoir été que critiqués et jugés pendant notre enfance. Alors, nous compensons maintenant que nous sommes parents. Mais les félicitations sont-elles un bon outil dans le cadre de l’éducation ?

Isabelle Filliozat nous répond dans le livre « Il me cherche« .

Les félicitations sont en réalité des récompenses . Or, ces dernières ne figurent pas sur la liste des techniques efficaces pour favoriser l’épanouissement de nos enfants. Explications :

Trois arguments contre les félicitations :

Argument 1 : Isabelle Filliozat se fait écho d’une étude qui a montré que flatteries et félicitations avaient tendance à développer du narcissisme.

Argument 2 : Un enfant habitué à être félicité va développer une motivation autour de l’acte de « faire plaisir à l’autre » et non à lui.

Argument 3 : un adulte qui félicite émet un jugement, ce qui place l’enfant en position d’infériorité. Ce jugement peut bloquer l’enfant dans la mesure où il réveille le pendant négatif des félicitations, c’est-à-dire les critiques. L’enfant peut donc développer une peur chronique de l’échec et un déficit de confiance en lui.

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Alors que dois-je faire en tant que parent pour encourager au mieux mon enfant ?

L’idéal est de décrire ce que nous avons apprécié car cela développe le sentiment de soi et la confiance chez l’enfant.

Ce mode descriptif permet à l’enfant de comprendre que nous sommes attentifs à lui, que nous apprécions ce que nous avons vu et que le plus important est l’acte et non la personne. De plus, cette description, à l’image de celle présente dans les livres, va réveiller les mêmes zones du cerveau que celles utilisées pendant l’action ! « La joie ressentie déclenche alors une synthèse de protéines qui vont renforcer la gaine de myéline des neurones impliquées dans l’action, facilitant sa reproduction dans le futur car l’influx nerveux circulera plus rapidement. »

C’est pour cela que les sportifs de haut niveau visualisent souvent les gestes qu’ils vont accomplir. Cela double les effets de l’entrainement physique car le cerveau ne fait aucune différence entre ce que nous voyons et ce que nous imaginons.

 

Exemples :

Quand nous disons : « Je vois que tu as peint une maison avec un toit bleu.« ou encore « j’aime te regarder peindre« , l’enfant est heureux et sera motivé pour poursuivre ses efforts ou recommencer l’expérience.

Quand on dit : « tu es brillant ! Ta maison est magnifique ! », il y a de fortes chances qu’il cesse son activité créative car nous venons de lui signifier que son oeuvre est terminée et qu’il est lui-même brillant (double jugement). Comment faire mieux ?

 

Pour compléter cette description, Isabelle Filliozat conseille de guider l’enfant vers une expression de ses émotions :

« Qu’est-ce que tu as ressenti quand tu as… ? »

« Qu’est-ce qui t’a fait le plus plaisir ? »

« De quoi es-tu le plus fier ? »

 

Puis de reformuler en miroir ce que l’enfant nous confie :

« Je constate que tu es vraiment content. »

 

Ainsi, l’enfant emploie le « je » et s’affirme tout en prenant conscience qu’on l’écoute et qu’il compte à nos yeux.

 

Pour résumer, pour remplacer les félicitations :

– décrivons simplement ce que nous voyons sans juger : « je vois … »

– employons le « je » pour dire ce que nous ressentons : « j’aime te regarder… »

– interrogeons l’enfant sur ce qu’il ressent et répétons-le en miroir : « Qu’est-ce que tu as ressenti quand tu as… ? » « Je constate que tu es vraiment content. »

– aidons-le à poser des mots sur ses émotions

 

Source :

« Il me cherche » d’Isabelle Filliozat

 

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