Mon enfant mord : comment réagir ?

Mordre est un réflexe archaïque qu’il est important d’accompagner avec bienveillance chez l’enfant.

C’est ce que nous explique le pédopsychiatre Gilles-Marie Valet dans cette vidéo.

On se retrouve après pour des conseils supplémentaires et des outils.

 

Résumons :

La première réaction que nous devons avoir en cas de morsure est de signifier à l’enfant qu’il est nécessaire d’arrêter tout-de-suite son acte.

Gilles-Marie Valet conseille d’utiliser le « Non » ferme. Isabelle Filliozat préfère le « Stop » qui évite par la suite des confusions d’interprétation relatives à l’emploi du « non » (voir cet article). Je suis partisan du « stop ».

On peut ensuite décrypter à haute voix le ressenti de l’enfant : « Je vois que tu ressens de la colère/que tu es énervé/… ». Cette phrase apaise le cerveau émotionnel de l’enfant, facilitant son écoute.

On peut compléter en exprimant la douleur et l’émotion de la personne qui a été mordue (parent ou enfant). Cette façon de procéder permet à l’enfant de développer son empathie. C’est également un frein à la violence et une aide à la compréhension d’autrui. Dans la même logique, offrir à l’enfant la possibilité de réparer en s’excusant est pertinent et constructif.

Enfin, il est essentiel de montrer à l’enfant comment agir sans violence (et donc ne pas rentrer dans la spirale de la violence en criant, punissant ou menaçant). Le jeu symbolique ou les jeux de rôle peuvent être utilisés pour cela (voir plus bas).

Revenons sur le côté « réflexe archaïque ». Nous l’avions vu dans de précédents articles, le cerveau de l’enfant est immature et il est facilement débordé par ces émotions. Or une émotion désagréable, comme la colère, nait de l’insatisfaction d’un besoin que l’enfant n’est pas en mesure d’identifier et de combler en demandant. Une morsure est par conséquent une réponse instinctive (et non réfléchie) à un besoin déficitaire. C’est un message que nous devons interpréter.

Dans cette seconde vidéo, Patricia Baguet, insiste sur le questionnement et le travail d’investigation que nous devons mener :

  • quel est le contexte ?
  • y a-t-il eu un changement dans la vie de l’enfant ? (comme une naissance)
  • les parents sont-ils stressés ou inquiets ?
  • l’enfant est-il simplement curieux ? manque-t-il d’information sur les conséquences d’une morsure ?
  • l’enfant a-t-il besoin de repos ou de sommeil ? La fatigue fait « perdre le contrôle ».

 

Soulignons encore que les étiquettes (« tu es méchant ! »), prêter des intentions belliqueuses (« tu l’as fait exprès ! », « Tu me cherches »), les comparaisons (« tu es aussi mauvais que ton père/ta mère ») ont tendance à alimenter le cercle vicieux de la violence et à nourrir des pensées irrationnelles et douloureuses (tout en enracinant des croyances limitantes et fausses).

En nous concentrant sur notre capacité de paix et de bienveillance, nous la développons chez nous et nos enfants.

 

Voici des outils qui peuvent aider :

Le jeu symbolique

Le jeu symbolique est la métaphore ou la reproduction d’une expérience traumatisante ou angoissante afin de la verbaliser, de la dépasser et d’en apprendre des leçons. Par exemple, si un chien a mordu ou a fait peur à un enfant, le parent en jouant peut imiter un chien et imaginer un dialogue amusant avec l’enfant.

Le recours à la morsure peut être un moyen pour l’enfant de dominer une peur d’un chien (ou autre) par exemple.

Dans le cas de disputes dans les fratries, simuler un conflit entre des animaux en peluche ou en plastique permettra de dénouer les différends et de verbaliser les émotions tout en trouvant des solutions qui conviennent à tous dans le réel. (source)

 

Le roue des choix

Outil : roue des choix pour éviter de taper/mordre/…

La main de retour au calme

Outil : la main du retour au calme

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