Comment développer la résilience chez l’enfant

Dès l’enfance, l’adversité peut avoir des conséquences dramatiques. Cependant, certains se relèvent et guérissent plus rapidement que d’autres. D’où vient cette capacité de résilience face aux traumatismes engendrés par la maltraitance, le deuil, la séparation, la violence…? Peut-elle s’apprendre ? Comment la favoriser dès le plus jeune âge ?  C’est le sujet du jour.

Cet article s’appuie essentiellement sur le livre de Rosette Poletti et Barbara Doubs « La résilience : L’art de rebondir. »

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Définition 

L’étymologie de la résilience nous éclaire sur ses racines : Du verbe latin resilio, ire, littéralement « sauter en arrière », d’où « rebondir, résister » (au choc, à la déformation). via.

La résilience est un terme emprunté à la physique : il s’agit de « la caractéristique mécanique qui définit la résistance aux chocs des matériaux ».

Chez l’Homme, cette résilience dépasse la simple résistance aux chocs car elle permet :

– d’être capable de protéger son intégrité sous de fortes pressions.

– de pouvoir se construire ou se reconstruire malgré l’adversité.

– de créer une vie digne d’être vécue.

– de guérir de traumatismes et de blessures.

 

« Un coup du sort est une blessure qui s’inscrit dans notre histoire, ce n’est pas un destin. » Boris Cyrulnik

 

Les 5 facteurs de la résilience

Selon Stefan Vanistendael, 5 facteurs constituent la résilience :

1) Des réseaux d’aide sociale et, au coeur de ces réseaux, l’acceptation inconditionnelle de l’enfant en tant que personne.

2) La capacité de trouver un sens à la vie.

3) Des aptitudes et des compétences à connaitre et à utiliser.

4) l’amour propre.

5) Le sens de l’humour.

 

Sur cette base, il a conçu ce schéma, baptisé la « casita » :

résilience

 

Comment favoriser la résilience chez l’enfant 

Tout d’abord, précisons ce que signifie « favoriser la résilience chez l’enfant. »

C’est lui permettre de développer :

  • des compétences sociales : capacité à communiquer, empathie, souplesse, tolérance, humour, ouverture d’esprit, collaboration.
  • la capacité à résoudre des problèmes par lui-même, à savoir mesurer ses forces et se fixer des objectifs réalistes.
  • des capacités à décrypter l’environnement et la réalité.
  • l’autonomie et la responsabilisation.
  • l’optimisme et l’espoir en l’avenir.

 

Les 3 piliers de la résilience chez l’enfant :

1) La présence de personnes concernées pas le bien-être de l’enfant.

L’enfant a besoin d’au moins une personne qui développe l‘attachement sécure dont nous parlions dans cet article. Cette personne fera preuve d’amour, de bienveillance, d’écoute, de patience, de respect, encouragera les efforts, facilitera l’expression, deviendra le modèle positif de l’enfant…

 

2) Avoir des attentes positives vis-à-vis de l’enfant.

C’est ce qu’évoque Boris Cyrulnik dans cette vidéo avec le terme de prophétie auto-réalisatrice. Si nous nous attendons à ce qu’un enfant réussisse et soit heureux, notre communication verbale et non-verbale s’adaptera automatiquement à cette vision et l’enfant le sentira. Il se comportera de telle manière que la « prophétie » se réalise. D’où le terme de prophétie auto-réalisatrice.

 

3) Les occasions de participation.

Rendre actif un enfant blessé est un moyen de l’aider à guérir de ses blessures. Il est essentiel de lui donner des occasions de se sentir utile en agissant. Cela renforcera son estime personnelle.

Les encouragements dans l’effort ou l’intention de l’effort trouvent une place de choix dans ce troisième conseil.

 

Vous noterez que ces principes sont complètement intégrés dans l’éducation bienveillante (expliquée par Catherine Gueguen ici)

Conseils lectures :

 

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