Comment aider les enfants à réguler leurs colères (et comprendre nos propres colères de parents)

La colère est une émotion ressentie à la suite d’une frustration ou face à une injustice, nous explique Isabelle Filliozat dans la vidéo ci-dessous. Elle doit être entendue, acceptée et guidée dans son expression. Cela demande du temps et de l’investissement personnel. Souvent même un véritable travail sur nos propres colères de parents est nécessaire. Car si nous-mêmes refusons cette émotion, la craignons, l’enfouissons, ignorons le besoin insatisfait qui s’y cache, elle ressortira tôt ou tard, avec plus d’intensité.

 

Cette vidéo est un extrait de la formation weelearn suivante.

Que se passe-t-il dans le cerveau en colère : découverte de l’outil « le cerveau dans la main »

Au niveau du cerveau, Nadine Gaudin représente parfaitement ce qui se passe lorsque la colère se déclenche.  Cette représentation est basée sur la modélisation de Daniel Siegel.

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(source)

La colère implique donc une perte de contrôle liée à une déconnexion du cortex préfrontal.

 

Alors que faire ? Pour un adulte, il est important de se mettre à l’écart pour retrouver son calme. Nous verrons plus bas des techniques pour cela.

Pour un enfant, cette mise à l’écart volontaire n’est souvent pas possible. Il faut donc que la colère s’exprime même si nous pouvons l’aider (et le protéger) en le serrant fermement contre nous. Cette étreinte aura pour effet de libérer de l’ocytocine.

Souvenez-vous de cette tempête émotionnelle dans le supermarché que nous détaillait Isabelle Filliozat.

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Expliquer la colère aux enfants pour les aider à la contrôler :

le cerveau de votre enfantVous pouvez expliquer à votre enfant les effets de la colère sur son cerveau avec le modèle de Daniel Siegel grâce au support éducatif fourni dans le livre « Le cerveau de votre enfant ».

Evoquez avec lui le cerveau d’en haut et le cerveau d’en bas et invitez-le à mimer le fonctionnement avec sa main. Enfin, dites-lui que lorsqu’il se sentira sur le point d’exploser, il lui suffira de simuler lentement le recouvrement du cerveau d’en haut sur le cerveau d’en bas pour garder le contrôle (en dépliant et repliant ses doigts sur son pouce). Cette focalisation sur le mouvement volontaire de sa main associée à la visualisation mentale font appel aux fonctions supérieures du cerveau, empêchant le cortex préfrontal de « décrocher ».

Je vous conseille d’ailleurs de lui apprendre à réaliser cet exercice de modélisation du cerveau avec sa main non-dominante.

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Voici l’excellente vidéo mise en ligne par les éditions Les Arènes à ce sujet :

Je vous invite à découvrir d’autres astuces qui ont fait leurs preuves:

Le travail nécessaire des parents :

Si vous subissez des accès de colère en tant qu’adulte, je vous conseille de vous engager dans un travail pour diminuer votre niveau de stress et apprendre à gérer cette émotion intense. Lorsque vous sentez que la colère grandit et menace de vous faire perdre le contrôle, testez une de ces 10 techniques. Vous pourrez d’ailleurs les apprendre aux enfants.

  • Faire des pompes : l’énergie de la colère est un moteur exceptionnel pour faire des pompes et garder la ligne !
  • Transformer la colère en fou rire : le fou rire a des vertus apaisantes et c’est donc une fantastique manière de transformer la colère (tout en travaillant les abdos).
  • Prendre une inspiration en comptant lentement jusqu’à 5 et en expirant en comptant jusqu’à 10 (vous pouvez augmenter l’effet en pressant une balle en mousse et en fermant les yeux tout en vous imaginant dans un lieu paisible)
  • Mettre une musique de retour au calme : il s’agit d’une musique que vous avez déjà associée à des moments joyeux (au moins 5 fois). Lorsque vous l’entendrez de nouveau, votre cerveau se remettra dans l’état émotionnel relatif à l’écoute (joie et apaisement donc). Gardez cette musique sous la main en cas d’urgence.
  • Se laver la tête en se concentrant sur les sensations (et en se massant doucement le cuir chevelu) : les massages sont magiques et l’eau tiède sur les mains et la tête facilite le retour au calme.
  • Boire un verre d’eau fraiche en imaginant qu’il éteint le feu en nous : buvez lentement.
  • Chanter à tue-tête « je suis en colère la-la-la » : le chant agit positivement sur notre mental et la verbalisation émotionnelle diminue l’intensité du ressenti.
  • Sauter sur place en imaginant que la colère s’en va dans la terre et au ciel : le double effet mouvements/visualisation est efficace.
  • Serrer très fort les bras (en croix) en fermant les yeux : cette auto-étreinte renforcée fait baisser la pression et réactive les sensations apaisantes liées aux câlins. Vous pouvez imaginer être avec un être aimé ou encore utiliser un coussin.
  • Imaginer son interlocuteur en bébé : cela réveille les instincts altruistes et apaise la colère.

 

J’espère que cet article vous a aidé. N’hésitez pas le partager.

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