Catherine Gueguen : « la bienveillance est fondamentale pour le développement du cerveau de l’enfant »

Catherine Gueguen, pédiatre depuis plus de 27 ans et auteure de « Pour une enfance heureuse » et « vivre heureux avec son enfant », nous explique, à la lumière des dernières découvertes en neurosciences affectives, à quel point les principes éducatifs basés sur la violence, les menaces, les critiques et jugements entravent le développement du cerveau des enfants.

 

À retenir

Les punitions et les humiliations rendent les enfants insensibles et provoquent chez eux des conduites anti-sociales.

L’enfant a un cerveau immature et fragile

Les recherche ont démontré que le cerveau de l’enfant est malléable et immature. Chaque expérience relationnelle modifie les molécules cérébrales, les neurones, leurs connexions, les structures des circuits cérébraux et même l’expression de certains gènes.

La condition pour une évolution optimale du cerveau de l’enfant est une relation empathique, aimante et soutenante.

Le caractère immature du cerveau de l’enfant le rend vulnérable aux débordements émotionnels. Il ne s’agit donc absolument pas de caprices quand il subit une tempête émotionnelle !

En dessous de 5 ans , le cerveau archaïque domine l’enfant qui ne parvient pas à se contrôler. Ce n’est qu’entre 5 et 7 ans que ce cerveau archaïque commence à être régulé par le cortex orbito frontal. La bienveillance éducative favorise ce développement.

Ce cortex orbitofrontal permet d’être empathique, de réguler les émotions, d’avoir un sens moral et de savoir faire des choix.

Entre 1 et 3 ans, si l’enfant est en état d’insécurité, s’il se sent en danger, si ses besoins ne sont pas satisfaits, son cerveau archaïque va le pousser à adopter des réactions instinctives d’attaque, de fuite ou de sidération.

Quand un enfant est laissé seul avec sa détresse, avec sa peur, il va sécréter des molécules de stress (du cortisol). A forte dose, ses molécules sont très toxiques pour le cerveau fragile de l’enfant. Des neurones peuvent même être détruites dans des zones essentielles.

Au contraire, des attitudes éducatives empathiques et bienveillantes aident le cerveau à maturer et notamment le cortex orbito frontal.

La bienveillance n’est cependant pas du laxisme puisque l’adulte donne des repères et un cadre à l’enfant mais agit avec empathie pour l’accompagner.

L’importance du maternage 

Le maternage est le fait de prendre soin, de rassurer, de consoler. Nous en avons besoin à tout âge et il n’est pas réservé qu’aux femmes !

Le maternage permet de mieux faire face au stress en développant l’hippocampe, structure cérébrale essentielle pour la mémoire et l’apprentissage.

Le maternage développe aussi la sécrétion d’ocytocine, la molécule du lien avec les autres. Elle engendre la confiance, l’altruisme et la coopération. Elle diminue le stress et l’anxiété.

 

L’ocytocine va provoquer la sécrétion de dopamine (stimule la motivation d’apprendre, donne du plaisir à vivre et de la créativité), des endorphines (procurent du bien-être) et la sérotonine (stabilise l’humeur et apaise).

IMPORTANT : l’empathie se transmet.

A lire :

« Pour une enfance heureuse »

« vivre heureux avec son enfant »

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