Après l’école, invitez votre enfant à « déposer » ses émotions

Un peu par hasard, j’ai eu la chance de faire une petite session de discussion avec mon fils récemment sur le sujet des émotions en général et des peurs en particulier.

Je me suis rendu compte que le discours ouvert tenu à la maison à propos des émotions pouvait facilement être occulté par l’influence sociale (notamment à l’école) où les émotions ne sont pas un sujet de discussion très répandu… voire même carrément évité. Comme si le fait d’avouer ce que nous ressentons était mal vu et constituait un comportement « déplacé ».

Et pourtant, il s’est passé un évènement assez dramatique à l’école puisqu’un enfant a été molesté par quatre autres pendant le temps de la cantine. Les médias se sont même emparés de l’information, amplifiant la confusion et freinant les possibles initiatives de communication autour de la non-violence, de l’empathie et des émotions en général.

Bref, j’ai donc déclenché un dialogue en listant des émotions avec mon fils, l’invitant à me dire si telle ou telle émotion était apparue récemment et comment.

Après quelques réticences sur certaines peurs et ma réassurance que chaque émotion est légitime et utile, le soulagement de s’être libéré d’affects bloqués fut palpable.

Je vous invite donc à réaliser vous-aussi cette expérience régulièrement avec vos enfants en commençant par leur rappeler que les émotions sont utiles et que les verbaliser fait du bien car cela permet de s’en libérer et de rechercher les besoins qui s’y cachent.

De plus, ce sont les émotions qui font de nous des humains connectés les uns aux autres. Si nous refusons ou cachons les nôtres, nous perdons contact avec nos besoins et nous sommes dans l’impossibilité d’établir des rapports authentiques avec autrui. La non-satisfaction de nos besoins peut générer de la violence ou le suivi d’objectifs dangereux.

Alors, de retour de l’école, vous pourriez peut-être vous-aussi citer quelques émotions et demander à votre enfant de raconter dans quelles circonstances il a éprouvé celles-ci.

Si les émotions furent désagréables, votre enfant pourra s’en libérer.

Si les émotions sont agréables, les revivre par le récit les réactivera pour le bonheur de tous. 🙂

Exprimez-vous également pour donner l’exemple et profitez vous-aussi des vertus de la verbalisation.

« Je ressens [émotion] » est une phrase essentielle pour notre équilibre mental et physique.

Vous pouvez procéder progressivement au fil des jours : commencer par des émotions basiques puis développer.

Voici les émotions primaires selon Daniel Goleman :

La colère, la tristesse, la peur, le plaisir(ou la joie), l’amour, la surprise, le dégout et la honte.

Exemple de développement,  pour les peurs (selon le livre : Mindfulness : La pleine conscience pour les enfants de Davis Dewulf)

Peur d’aller dormir

Peur des cambrioleurs 

Peur que mes parents se disputent

Peur du noir

Peur des enfants qui m’intimident

Peur que mes parents se séparent

Peur des araignées

Peur de l’orage

Peur de faire des cauchemars

Peur de ramener des mauvaises notes

Peur de la guerre

Peur des rats

Peur d’être malade

Peur d’avoir peur

 

Ensuite, il est intéressant de relier les émotions aux besoins. En effet, une émotion désagréable se déclenche quand un besoin est insatisfait :

– le besoin de sécurité.

– le besoin de stimulation.

– le besoin affectif ou social.

– le besoin d’estime et de reconnaissance.

– le besoin d’autonomie.

– le besoin de sens, de cohérence.

 

Puis de transformer ces besoins en actions possibles.

Bref, c’est riche et cela contribue au bien-être des enfants et des parents (qui n’avouent pas toujours leurs émotions).

Prenons ainsi l’habitude de déposer nos émotions.

 

Vous trouverez aussi des outils dans cet article :

25 outils et méthodes pour la gestion des émotions des enfants

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